5 idées reçues du métier d'auteurice

 
Elodye H. Fredwell

Les idées reçues existent pour chaque métier. Tout le monde a des a priori qui ont, parfois, la vie dure. Et le métier d’auteur.ice, alors ? Quelle meilleure occasion qu’un webzine sur la légitimité pour casser les idées reçues qui hantent le métier d’auteur et d’autrice ? Prenez de quoi frapper, on va détruire du cliché !

 

  • Un auteur, une autrice, gagne beaucoup d’argent.

Cette idée reçue est essentiellement basée sur des grand.e.s auteur.ices à succès, comme Stephen King ou Nora Roberts. Et, en effet, ces deux noms rassemblent à eux seuls la modique somme de 30 millions de dollars (d’après le magazine Forbes). Bien rares sont les écrivain.es qui parviennent à un tel montant sur leur compte en banque, surtout en France. Quelques auteur.ices francophones sortent du lot, évidemment, mais quel est leur pourcentage par rapport au nombre de personnes qui pratiquent ce métier ? Il est sans doute dérisoire. Donc, si vous voulez gagner beaucoup d’argent en un temps record, ne devenez pas auteur.ice. 

  • Écrire un roman, c’est facile.

Oui, après tout, pour écrire un roman, il vous faut seulement : 

  • un support d’écriture, comme un ordinateur ;

  • une bonne idée (de préférence qui est tendance pour que le livre se vende bien, cf le point n°1) ;

  • une belle photo de banque d’image et une jolie police pour la couverture.

Et le tour est joué. Non ?

 

Bien entendu, auteur, autrice, c’est un métier. Ce n’est pas parce qu’on sait écrire qu’on peut écrire un roman. C’est comme tout art : ça s’apprend. Sans compter qu’après l’écriture au sens premier du terme, il y a toutes les étapes intermédiaires avant de voir son roman publié. Bref, ça ne se fait pas en claquant des doigts (sauf si t’es Mimi Mathy). 

  • Un auteur, une autrice, passe sa journée à écrire.

Même si nous pouvons penser que c’est le cas quand cet art occupe 100 % de l’activité professionnelle d’une personne, ce n’est jamais vraiment le cas.

 

Déjà, comme précisé dans le point n°2, être auteur.ice, ce n’est pas seulement écrire un livre. C’est aussi faire des recherches, construire son intrigue, chercher des maisons d’édition, relire et corriger, réécriture si besoin, faire appel à un.e illustrateur.ice pour la couverture, faire sa promotion, faire sa compta, payer l’URSAFF… Bref, il y a toujours des à côté qui prennent du temps, parfois autant qu’écrire le roman en lui-même. Et puis, soyons honnête : qui peut se permettre d’écrire une journée complète, tous les jours de la semaine ? Si l’auteur.ice a une autre activité à côté, doit s’occuper des enfants, est bénévole dans une association, que sais-je ? il devient vite difficile de faire des journées aussi intensives d’écriture. Même en entreprise, il y a des moments de creux ou des moments où on fait pas précisément ce pourquoi nous sommes payés. Ici, c’est pareil.

  • Auteur, autrice, ce n’est pas un vrai métier.

Pour celle-là, je vous mets au défi d’aller le dire dire à Marc Levy ou Amélie Nothomb. Et je veux bien un retour de leurs réponses, s’il vous plaît. Merci.

  • Écrire des romans, c’est inné, de toute façon.

Oui, tous les artistes sont nés avec un don spécial qui leur permet de transmettre leurs émotions à travers leur art, c’est bien connu. S’il y a bien une idée reçue qui me met toujours en colère, c’est bien celle-là. 

 

Non, l’écriture, et l’art en général, ce n’est pas que du talent.

 

Je ne nie pas l’existence de facilités ou prédispositions, peut-être génétiques d’ailleurs. Mais être auteur.ice, c’est aussi beaucoup de travail. Une fille née dans une famille de guitariste, sans travail de cet art, ne deviendra pas la future Joan Jett. Un garçon qui grandit au milieu de la peinture ne sera pas Van Gogh par la seule force de ses gènes. La persévérance et le travail jouent un rôle essentiel dans la réussite. Quelqu’un qui se donne les moyens d’écrire un livre y arrivera. Peu importe s’iel ne maîtrise pas les subtilités de la langue. 

 

Il y aurait encore nombre d’idées reçues à briser concernant le métier d’auteur et d’autrice. Elles ont la vie dure et peuvent parfois mettre à mal l’estime de certain.es débutant.es. Il est important de savoir les repérer et de ne pas les laisser détruire ce qu’on s’efforce de construire.

 

Pour terminer, je dirais simplement : si vous avez envie d’écrire, écrivez. Vous verrez bien où ça vous mène. 


Elodye H. Fredwell