Mélany Bigot : de l'écriture à la correction pour créer une formation pour les auteur.ices

 

ELODYE H. FREDWELL

Mélany, elle est autrice, correctrice et formatrice. En 2019, après ses études, elle devient indépendante et intègre le bureau de Génération Écriture. Si elle ne fait plus partie du cercle décisionnel de l’association, elle ne cesse pourtant de faire parler d’elle à travers ses projets et son engagement auprès des auteur.ices. Pour ce premier webzine de 2021, retour sur le parcours d’une jeune autrice ambitieuse, qui a su s’intégrer pleinement dans le monde du livre !

 

1 - Peux-tu te présenter pour ceux qui ne te connaissent pas encore ?

 

Je m’appelle Mélany Bigot, je suis correctrice en freelance depuis 2019 et écrivain depuis un peu plus de onze ans. J’ai écrit mon premier roman, Abby McAlban, quand j’avais seize ans, je ne m’imaginais pas du tout le finir, et pourtant, j’ai réussi à y mettre un point final, puis à l'auto-éditer. Aujourd’hui, j’ai terminé 23 romans, dont certains sont publiés sur Internet.

En parallèle, je gère un blog d’écriture avec une newsletter mensuelle où je donne des conseils pour les écrivains. Je suis également très active sur LinkedIn, où je publie cette fois des tips en langue française. On m’y connaît sous le nom de Sniper des fautes d’orthographe.

 

2 - Comment en es-tu arrivée à écrire et devenir autrice de romans ?

 

Officiellement, ma carrière d’écrivain a commencé en 2010, mais officieusement, j’écris depuis que j’ai 5 ans. Ma première histoire était une reprise de la série des Monsieur & Madame que j’avais écrite avec ma mère. Une première fanfiction, on peut dire. Après ça, j’ai entamé plein d’histoires pendant des années, sans vraiment réussir à les finir. Puis, quand j’étais en première, je discutais avec un ami sur MSN en lui disant que j’avais très envie d’écrire LE roman, celui que j’arriverais enfin à terminer. Cet ami m’a motivée et c’est en lui parlant que j’ai commencé Abby McAlban. Pour le remercier, j’en ai fait un de mes personnages principaux. Depuis ce jour, je n’ai jamais cessé d’écrire.

 

3 - Peux-tu nous présenter rapidement les projets sur lesquels tu travailles en ce moment ?

 

En ce moment, je travaille sur un projet personnel que je n’ai pas prévu de publier, le tome 3 d’une fanfiction complètement bordélique sur l’univers Marvel, que j’écris pour me faire plaisir avant tout. Puisque je sais que personne ne la lira, je ne me prends pas la tête et ça coule tout seul. En parallèle, je prépare la sortie très imminente d’un roman réaliste et autobiographique, Mon immortel, que j’ai terminé en septembre 2020. C’est la première fois que je publie un texte qui n’est pas de l’imaginaire, et surtout, un texte aussi intime, car j’y parle de mon adolescence compliquée et de thématiques assez dures, comme le harcèlement scolaire, le suicide et la solitude.

 

4 - As-tu toujours voulu exercer un métier lié à l’écriture ? Comment t’est venue ton envie d’en vivre ?

 

Oui, toujours. D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours eu envie d’être écrivain. Mon grand-oncle l’était, c’est lui qui m’a donné envie de faire comme lui. J’ai eu d’autres projets pendant ma jeunesse : être journaliste, puis prof de français, puis éditrice, puis rédactrice web, pour finalement devenir correctrice, mais à chaque fois, on reste dans le domaine des mots.

 

5 - Tu as créé ta propre entreprise en 2019. Comment est-elle née ? Pourquoi c’était important pour toi d’être indépendante ?

 

Pour moi, il était impensable de travailler en entreprise. J’ai fait un stage de six mois à la fin de mon master et j’ai tout de suite réalisé que les agences de rédaction et compagnie, ce n’était pas fait pour moi. J’ai donc suivi les traces d’une amie et camarade de promo qui s’est lancée comme rédactrice web freelance pendant notre stage. J’ai commencé comme elle, en rédaction, pour finalement me spécialiser en correction, car c’était ce que je préférais faire. Aujourd’hui, je ne fais plus que ça, je corrige des romans, des mémoires, des thèses, des articles, des newsletters… C’est super varié.

 

En étant indépendante, je travaille quand je veux, où je veux, avec qui je veux et surtout, à mon rythme. Bien sûr, tout n’est pas toujours parfait, j’ai souvent du mal à dire non aux demandes de mes clients et je me fais vite déborder, mais je me soigne.

 

6 - Tu n’es pas très présente sur les réseaux sociaux, à part sur LinkedIn. Peux-tu nous dire pourquoi avoir choisi ce réseau et ce qu’il t’apporte ?

 

LinkedIn m’apporte 95 % de mes clients, que ce soit en correction ou en écriture littéraire. J’y suis pourtant allée totalement à reculons, sur les conseils de mon amie de fac qui y était et qui me disait que c’était génial. Je me suis donc inscrite, j’ai observé ce qui se faisait, j’ai commencé à poster. Au début, je n’avais pas spécialement une grosse audience, mais j’ai fait un énorme buzz le jour où j’ai publié un post sur une histoire qui m’était arrivée, une personne que je connaissais qui voulait que je travaille gratuitement pour elle. De fil en aiguille, ma ligne éditoriale s’est précisée, je me suis mise à publier presque exclusivement des conseils d’orthographe et visiblement, ça plaît aux gens ! Aujourd’hui, j’ai presque atteint 100 000 abonnés et je reçois tous les jours de nouvelles demandes de missions. Je n’y croyais pas en débarquant, mais c’est pourtant vrai : LinkedIn est une mine d’or pour les indépendants. 

 

7 - Dans le cadre de ton entreprise, tu as lancé une formation pour les auteur·ices !  Peux-tu nous parler un peu plus en détail de cette formation ?

 

J’ai lancé la formation « Débloquez votre écriture » en décembre 2020, histoire de coïncider avec les bonnes résolutions de la nouvelle année. C’est une formation qui s’adresse à tous, auteurs débutants ou confirmés, à partir du moment où ils ont envie d’écrire, mais qu’ils n’y arrivent pas. Dans cette formation, qui se présente comme un cours en ligne écrit, je donne des conseils pour trouver et exploiter son idée de roman, faire le tri dans ses idées quand on en a trop, combattre le blocage et mettre en place une routine créative adéquate. Il y a aussi pas mal d’exercices d’écriture, par exemple des écritures d’invention à partir d’images ou de musiques. Et les élèves peuvent choisir un forfait « bêta-lecture » qui leur permet de m’envoyer leur premier chapitre pour un retour complet et détaillé du fond de leur histoire.

 

8 - Est-ce que tu aurais aimé avoir accès à ce type de formation quand tu as débuté dans l’écriture ?

 

Oui, surtout pour la partie routine créative ! Pendant des années, mon écriture était en dents de scie, j’avais très envie d’écrire, mais je n’y arrivais pas forcément, faute de temps la plupart du temps. J’ai toujours été passionnée de contenus sur l’écriture, que ce soit des manuels, des blogs, des podcasts, des chaînes YouTube (en particulier celle de mon amie Christelle Lebailly qui est extrêmement bien présentée et détaillée), mais finalement, j’ai trouvé assez peu de choses sur le blocage et l’organisation en écriture. Cette formation m’aurait évité de perdre du temps à attendre que l’inspiration tombe du ciel ou que mes romans s’écrivent tout seuls d’un claquement de doigts.

 

9 - Parle-nous un peu de tes projets pour 2021 : entrepreneuriat, édition…

 

Pour ce qui est de l’écriture, comme je l’ai dit, je compte commencer 2021 en publiant mon roman Mon immortel. Dans la foulée, j’aimerais auto-éditer le tome 5 d’Abby McAlban que mes lecteurs me réclament depuis trois ans et le tome 1 d’une saga de fantasy biblique que j’ai entamée, Hexen – In nomine Patris. Je réfléchis aussi à ma prochaine formation, qui sera peut-être plutôt du côté de l’orthographe, cette fois.

 

Côté entrepreneuriat, après une année 2020 extrêmement remplie et intense, j’aimerais lever le pied pour avoir plus de temps pour mes projets personnels, mais aussi pour prendre un peu de temps pour moi de temps en temps, car j’ai un peu oublié ce qu’étaient les loisirs ces derniers mois 😅

 

10 - Un petit mot que tu aimerais faire passer aux auteur·ices qui te lisent ?

 

Si vous avez envie d’écrire, faites-le. Ne vous dites jamais « j’écrirai quand j’aurai le temps », parce que c’est le meilleur moyen de ne jamais s’y mettre. Le temps, on le trouve toujours, que ce soit en se levant un peu plus tôt le matin, en s’isolant à la pause déjeuner au boulot ou à la fac, en s’accordant une session d’écriture avant de dormir… Donnez à l’écriture la place qu’elle mérite dans votre quotidien, c’est comme ça que vous avancerez et que vous viendrez à bout de votre roman.