Engagement et fiction

Nantes, 15 septembre 2018

 

Ce samedi 15 septembre, nous étions six réunies pour une table ronde qui avait pour thème l'engagement et la fiction : Tiphs, Elodye, Kallisto, LorianO, Mio et Matt'. Malgré notre nombre restreint (pourtant, on ne mord pas...), le sujet nous a tellement passionnées que nous ne sommes même pas venues à bout des questions !

 

Nous avons d'abord évoqué ce qu'était, selon nous, une fiction engagée. Il semblerait qu'une fiction est engagée si l'engagement constitue le motif principal de la fiction. Néanmoins, Jean-Paul Sartre va plus loin puisqu'il affirme qu'à partir du moment où on écrit, on a un point de vue et on est donc nécessairement engagé. Il existe presque une obligation de se positionner en tant qu'auteur.

 

Attention toutefois à ne pas privilégier l'engagement au détriment de la qualité de l'histoire, car cela peut parfois desservir le propos. S'agissant par exemple de la question de la représentation, il faut éviter de sacrifier l'histoire au profit de celle-ci ; autrement, la fiction peut rapidement perdre de son intérêt et de sa substance. La représentation semble en tout cas plus que nécessaire, malgré toutes les difficultés rencontrées : peur de confisquer la parole, problème de la légitimité, représenter via les personnages secondaires ou pas...

 

Nous avons aussi cité quelques fictions qui, selon nous, représentent l'engagement. En vrac : Brexit Romance (Clémentine Beauvais), Les petites reines (Clémentine Beauvais), L'art de la joie (Goliarda Sapienza), La voix du couteau (Patrick Ness) Love, Simon (Becky Albertalli), Cette fille c'était mon frère (Julie Anne Peters), Une braise sous la cendre (Sabaa Tahir). Mais également, quelques auteur.es : Chimamanda Ngozi Adichie, Alain Damasio, Marie-Aude Murail, Clémentine Beauvais.

 

Existe-t-il des genres qui se prêtent mieux à l'engagement ? Les premiers genres auxquels on pense sont la dystopie, le réalisme, la littérature jeunesse et la science-fiction. Cependant, tous les genres peuvent être engagés, même si certains ont presque un devoir d'engagement comme la littérature jeunesse par exemple.

 

L'engagement dans la fiction peut prendre plusieurs formes : le thème, premièrement. Les personnages sont aussi un bon moyen de transmettre un engagement. Mais sans être le thème principal de l'histoire, l'engagement peut aussi se distiller sous forme de petits détails. La représentation (via les personnages) est aussi un engagement. Il est donc important de varier les points de vue.

 

Toutefois, là encore, il y a quelques écueils à éviter, outre ceux mentionnés plus haut. Il faut d'abord se méfier des représentations trop cliché (on pense à la femme « badass » par exemple). Attention aussi à ne pas «confisquer » la parole pour défendre une cause.

 

Nous avons parlé de bien d'autres choses, puisque les quatre heures prévues n'ont pas suffit. Le tout accompagné, comme d'habitude, de cookies (heureusement, il y en a qui savent les faire !) et de nourriture de manière générale (on ne se refait pas).

 

Un grand merci aux participantes qui ont fait de cette table ronde une discussion très enrichissante et un super moment sous le soleil nantais, qui s'est poursuivi sur une terrasse puis dans une crêperie pour certaines. Et puisque le thème de l'engagement dans la fiction a tant passionné, pourquoi ne pas le reconduire pour une prochaine table ronde ?

 

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