L'édition

Montpellier, 6 juin 2015

 

C'est dans un charmant petit parc, entourés de curieux voisins et sous un soleil de plomb, que l'équipe de Génération Ecriture s'installe pour lancer sa quatorzième table ronde. On récupère tout le monde, on déballe les cookies, les membres du bureau balancent quelques blagues douteuses pour briser la glace et c'est parti pour débattre sur le vaste thème qu'est l'édition, sujet de la toute première TR de GE, il y a déjà cinq ans de ça. Et on a beau dire, le sujet est loin d'être épuisé, puisque les douze personnes présentes débattront pendant près de quatre heures, en mangeant l'équivalent de leur poids en cookies. 

Alors l'édition, oui, qu'en dit-on ? 
On en dit que les cookies sont délicieux. Mais sinon ? Ah, oui.


La première question que nous nous posons légitimement, c'est « voulez-vous éditer, et pourquoi ? » et, comme on s'en doute, le « oui » l'emporte largement. Parce que c'est un rêve d'enfant, l'aboutissement d'un long travail, l'officialisation de son statut d'auteur et une preuve de reconnaissance par le milieu professionnel, mais aussi parce que l'édition permet de partager son histoire à un public plus large. De même, la protection des écrits est évoquée car, on a beau connaître la théorie des textes de loi, dans la pratique, avoir un gros pavé avec un numéro ISBN, en cas de souci, ça aide à accélérer des procédures longues et épuisantes.
Une seule personne a répondu « non » à cette question, arguant que le partage par internet lui suffisait pour trouver son public, que l'idée de séances de dédicaces la mettent mal à l'aise et lui donnent l'impression d'être égocentrique. Une autre personne a ajouté que dans certains cas, l'écriture est une sorte de catharsis qu'on ne veut tout simplement pas partager. 
Aux smarties et au beurre de cacahuète, les cookies.


Mais veut-on publier tous nos écrits ?
Cette fois-ci, les réponses sont moins tranchées. Le « oui » est minoritaire, avec comme arguments qu'il serait bête de passer à côté d'une opportunité d'édition, et que sans ce but, il n'y a pas de raison d'écrire. La majorité des participants s'accorde cependant à dire qu'il est important de garder la tête sur les épaules et de prendre du recul sur son travail, de hiérarchiser ses romans et ainsi de voir lesquels peuvent être écrits à titre d'entraînement, avant, par exemple, de s'attaquer à Son Gros Projet de la Mort.
Y avait du brownie aussi, au fait.

Quelques divagations (et quelques cookies) plus tard, la question des éditeurs s'est ouverte, avec la vision de ce qu'est un bon éditeur. Comment estimer qu'ils sont (in)dignes de confiance, comment les trouver ? 
Dans le premier cas, la quasi-totalité des participants affirme effectuer des recherches approfondies, que ce soit par le biais des forums, des sites littéraires, via le catalogue des maisons d'édition mais également en demandant directement leur avis aux auteurs édités chez ces maisons. La qualité du service comm' est de première importance, car de lui dépend en grande partie la durée de vie de son livre.
Pour trouver un éditeur, il suffit de chercher mon p'tit ! En demandant à l'ami Google, en se rendant en librairie pour relever les noms, par le bouche à oreille, grâce à de fabuleux webzines et sites internet comme, au hasard, ceux de Génération Ecriture.

Mais bon, au final, les éditeurs, c'est comme tout : on ne sait jamais vraiment, malgré le professionnalisme affiché, si l'aventure risque de mal tourner ou pas. Alors autant se lancer, si tout paraît bien, et YOLO, comme on dit, n'est-ce pas.


Voici venu le temps des rires et des chants, dans l'île aux enfants c'est tous les jours le printemps, c'est un pays joyeux où l'on évoque la très épineuse question de l'auto-édition. On vous passe les détails les plus sanglants, mais en gros, tout le monde s'est mis d'accord : c'est OUI, si notre œuvre n'entre pas dans les formats standards de l'édition classique (des recueils de nouvelles illustrés en couleur, par exemple), si on est assez pro et débrouillard pour se... hem... débrouiller. Sinon, c'est NON, BOUH, caca. On parle du manque professionnalisme qui ressort de la majorité des publications de ce type, du préjudice que ça peut porter à l'auteur par la suite, mais surtout que,omnomnom les cookies, certaines personnes n'essaient même pas de passer par un éditeur, par facilité. 
Au final, on conclut que l'auto-édition, ça a des tas de bons côtés (sortir des exemplaires uniques de son roman pour des événements particuliers par exemple) qui sont hélas gâchés par sa mauvaise image, causée par des gens fainéants qui la prennent pour la solution de facilité (alors qu'entre nous, pas du tout : devoir faire sa compta, c'est super chiant).


Et que penser, alors, de l'édition quand l'éditeur nous demande d'importants changements (que l'auto-édition ne nous impose pas)(mais bon, la compta quoi.) ?
Que ça dépend des changements en question, de la flexibilité de chacun, et à condition que ça ne dénature pas le roman. Bref, si c'est justifié et que l'éditeur est un chouette bonhomme ou une chouette bonne femme et qu'il garde le dialogue ouvert, pas de souci.

Et c'est pareil, pour le choix de la couverture ?
Eh bien oui ! C'est connu dans le milieu, un auteur a rarement le choix à ce sujet, même si la tendance tend à s'inverser, notamment chez les « petits » éditeurs qui chouchoutent leurs auteurs jusqu'à leur laisser leur mot à dire sur la couverture finale. Alors nos participants sont résignés et acceptent l'idée qu'on leur impose une couverture, en espérant quand même qu'elle leur plaise.

Les anthologies sont-elles un premier bon pas dans l'édition ?
Un bon pas, non. Un petit pas qui se transformera potentiellement en une marche assurée, oui. Parce que la publication dans une anthologie donne une certaine confiance en soi, celle de voir que son travail plaît aux éditeurs, et fournit ainsi son CV littéraire. Cependant, l'anthologie est un format avec un succès limité, et bon nombre d'auteurs inconnus publiés dans les anthologies restent inconnus par la suite.

Que dire des mauvaises expériences, enfin ?
Qu'on s'en fiche. Voilà, comme ça. Rien à faire, tant qu'on est entouré, on peut faire face à toutes les déconvenues, et filer voir un autre éditeur bien meilleur pour se remettre de ses émotions. Comme partout, tout le monde peut vivre de mauvaises expériences ; l'essentiel est de savoir s'en servir comme d'un moteur pour avancer et d'apprendre de nos erreurs (faire trop facilement confiance est une erreur, oui).


De nombreuses autres questions sont abordées, mais j'avoue humblement être souvent occupée à manger et... oh ben c'est trop bête, a pu cookies.

Alors un grand, un énorme merci à Laure, Neddy, Talsa, Alpha, Youplala, DreamEcho, Lorelei, Gabriel, Aleksey, Mio, Ielenna et Tiphs pour leur présence, ce fut un après-midi plus que sympathique, carrément génial en fait, qui laissera de très beaux souvenirs et a permis de jeter les bases de très belles amitiés ! On a hâte de renouveler l'expérience ! Oui parce que ce qu'on vous dit pas, c'est que le lendemain, on s'est presque tous retrouvés à la plage pour un barbecue cutané.

So long, and thank you for the cookies !

Spécial big up à Neddy et Laure pour les cookies, et à Laure pour la photo !
 

Tiphs

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