Romans historiques

versus manuels scolaires,

 

par Matt'

Cet article peut sembler assez évident : oui, un roman historique n'est pas un manuel d'Histoire. Il me semble toutefois qu'il y ait quelques travers dans lesquels on peut vite tomber en écrivant un roman historique et je voulais en énoncer quelques-uns. 

 

 

1. Définitions

 

Même si, là encore, ça paraît évident, un roman (ou nouvelle, bande-dessinée) se distingue d'un manuel d'Histoire (ou travail universitaire, article scientifique, etc.) sur plusieurs plans. 

 

  • Le roman (historique) : même s'il peut s'appuyer sur des faits qui ont existé (vie personnelle, événements historiques, etc.), le roman est avant tout une œuvre d'imagination. Il s'agit donc d'inventer une intrigue, des personnages, etc. 

 

  • Le manuel historique (et autres travaux historiques) : il consiste en l'étude d'un fait historique et sa transmission, que ce soit à un public restreint et initié (articles scientifiques, travail universitaire) ou à un plus grand nombre (manuels). 

Le premier a donc une portée artistique, divertissante, créative, tandis que le deuxième a une portée scientifique et didactique. Ainsi, l'auteur.e d'un roman peut adopter le style qu'il/elle souhaite et est à peu près libre d'écrire ce qu'il/elle souhaite (en théorie). Le/la chercheur/chercheuse, en revanche, doit répondre à un ensemble de codes universitaires et scientifiques, dont l'objectivité (c'est discutable, on est d'accord, mais là n'est pas le débat), un style d'écriture particulier qui correspond au canon universitaire ainsi que l'étude de faits pour les travaux de recherche, à partir desquels l'historien.ne peut éventuellement être amené.e à rédiger des manuels destinés à un public plus élargi. 

 

 

2. Viser la vraisemblance et pas la vérité absolue 

 

À partir des définitions, il me semble qu'il y a une différence fondamentale entre le roman historique et le manuel d'Histoire (et ses dérivés). Dans un roman historique, il faut viser la vraisemblance plutôt que le vrai. 

Lorsqu'on écrit un roman, on peut avoir pour but de représenter le réel, mais on est bien d'accord qu'il s'agira toujours d'un roman, pas du réel lui-même (vous avez quatre heures...). Je pense qu'en écrivant un roman historique, il faut davantage viser la vraisemblance. Ainsi, ton roman, en s'inspirant d'une période de l'Histoire, d'un cadre, voire d'événements d'une époque révolue, fera « comme si ». 

L'Histoire, ses événements et même des personnages ayant vraiment existé deviennent ainsi des protagonistes et une toile de fond du roman. Il suffit de donner au cadre, aux événements et aux personnages historiques le plus de vraisemblance possible. 

Le tout, c'est qu'on y croie (un peu). On sait bien qu'on va lire un roman, donc on ne s'attend pas nécessairement à apprendre des choses sur l'Histoire. Le principal, c'est que ça soit suffisamment crédible pour qu'on soit embarqué.e.   

Après, bien sûr qu'il est possible d'insérer des faits historiques dans son roman, mais il ne s'agira pas d'en fournir une analyse, une étude à partir des sources existantes. 

 

3. Doser entre intrigue et informations historiques

 

Un autre des travers dans lequel on peut avoir tendance à tomber, c'est de donner trop d'informations historiques au détriment de l'intrigue. Bien sûr, je ne suis personne pour dicter quel est le bon dosage – il t'appartient de procéder comme tu l'entends. Simplement, il faut essayer de ne pas perdre le/la lecteur.trice en le/la bombardant d'informations historiques. 

Bien sûr qu'on peut apprendre des choses en lisant un roman : ça me semble même essentiel. Simplement, il faut aussi penser à ce que le/la lecteur.trice vient chercher en ouvrant un livre. S'il/elle veut en apprendre plus sur l'Histoire, tu peux tout à fait ajouter ta bibliographie en fin d'ouvrage. 

 

 

4. Des styles différents

 

La différence réside aussi dans le style : tu ne vas pas employer le même style pour écrire un roman et un article universitaire. Là encore, ça paraît évident. Comme je l'indiquais au début, le style universitaire est bien particulier : tu n'as qu'à ouvrir un manuel d'Histoire ou un article scientifique (dont les styles diffèrent d'ailleurs un peu, le premier étant destiné à l'apprentissage pour un large public tandis que le second vise davantage un public d'initiés). 

Le style universitaire respecte de nombreuses règles (parfois bien contraignantes), à savoir, en vrac : écriture au présent (en tout cas, en Histoire), appels de notes plus qu'abondants, encadrement du texte avec une bibliographie la plus complète possible. Bien sûr, c'est légèrement différent pour un manuel qui est plus didactique qu'un article scientifique ou un ouvrage qui présente les résultats d'un travail de recherche. 

Dans un roman, c'est simple : tu es liiiiiibre ! (ou presque !) 

 

 

J'espère que cet article t'aura permis d'entrevoir les écueils possibles lorsque l'on se lance dans la rédaction d'un roman historique et comment les éviter. Maintenant, tu peux te lancer ! 

Matt'
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