Est-il encore d’utilité publique de présenter les six – que dis-je, sept maintenant – films Star Wars ? Pour les non-initiés n’y connaissant rien du tout – je ne vous juge pas –, je vous conseille de vous référer à cet article peu utile en terme d’exactitude scénaristique mais fort drôle et éclairant. Mais ce qui nous intéresse ici ne sera ni la célèbre scène où Luke et son papa se font griller des chamallows pour rattraper le temps perdu, ni celle de Leia et Han gambadant dans une forêt de séquoia pour trouver le meilleur spot pour leur pique-nique du dimanche, non, ce qui nous intéresse ici, et a fait couler beaucoup – beaucoup – d’encre, c’est bien sûr, roulement de tambour, la prélogie. C’est-à-dire les épisodes I (La Menace Fantôme), II (L’Attaque des Clones) et III (La Revanche des Sith), trois films dont il n’est pas rare d’entendre parler avec la même expression que s’il flottait dans l’air un relent de vieille chaussette.

       

AppleCherryPie
 
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Mais pourquoi ? me suis-je toujours demandé. Pourquoi cette haine parfois viscérale de la prélogie Star Wars, au point que certains fans puissent renier l’existence même de ces trois films ? J’ai même remarqué qu’il n’était pas vraiment de bon ton de les apprécier, pourtant, je le dis sans honte aucune, j’aime la prélogie – comment ça, cet article ne sera pas objectif ? –, je l’aime d’amour même si je suis consciente des nombreuses critiques qui lui ont été adressées. C’est pourquoi j’ai décidé de réhabiliter – ou du moins essayer – ces films, de recenser et de comprendre ce qu’on leur reproche en majorité.

 

Alors, qu’on se le dise, il y a beaucoup de choses à dire, et cet article n’a pas la prétention d’être hautement analytique, ni exhaustif du point de vue des qualités/critiques que l’on pourrait faire à la prélogie. Donc s’il y a des aspects que je n’ai pas traités et que vous pensiez retrouver dans cet article, je vous le dis tout de go : sorry not sorry mais l’article traitera surtout des personnages, et de quelques points de l’histoire, mais en aucun cas de l’œuvre dans son intégralité.

 

Attention, je n’ai pas la présomption de ne trouver aucun défaut à la prélogie et il ne s’agira pas ici de critiquer ceux et celles qui ne l’apprécient pas, mais bien de montrer que ces défauts ne sont pas immuables et qu’il est possible d’affirmer « j’aime la prélogie Star Wars » sans rougir tel du ketchup périmé.

 

Démarrons les festivités par une critique récurrente faite à l’histoire de cette prélogie : la politique *TINTINTINTIIIN*. Gros mot de tous les gros mots, j’ai souvent entendu que le background politique était beaucoup, beaucoup trop ennuyeux. Ah ? Certes, les scènes du Sénat intergalactique peuvent douloureusement rappeler les heures passées devant France 3 et sa retranscription des débats du Sénat français lors des vacances chez papi et mamie. MAIS. Je trouve que cette critique relève d’une injustice totale. Le contexte politique et ses dérives, sur la manipulation de l’esprit, la corruption, la séduction, sont le pilier des événements et c’est autour d’elle que toute l’histoire de la prélogie se joue.

 

À ceux et celles qui trouvent que la politique est un point négatif de la prélogie Star Wars, je répondrais que personne, à ma connaissance, ne se plaint de la dimension politique et toutes ses magouilles de Game of Thrones, et pourtant, elle est omniprésente et toute l’intrigue repose sur elle – tiens, comme dans les épisodes I, II et III de Star Wars finalement, non ?

 

D’où le questionnement que je me suis posé concernant Star Wars ; je pense que c’est uniquement le traitement de la politique dans la prélogie qui a perdu de nombreux fans. Peut-être que c’était trop ambitieux, ou juste trop maladroit. En tant que spectateurs du XXIe siècle, abreuvés d’œuvres d’une diversité et d’une originalité de quantité plus ou moins intersidérale, nous avons vu nos attentes quant à une œuvre augmenter de manière fulgurante et n’avons plus ce regard indulgent sur les maladresses de réalisation ou d’écriture scénaristique. Comme le disait Antoine Daniel – youtubeur de son état –, les « grands noms » n’ont pas le droit à l’erreur sous peine de se voir basher (littéralement « se faire descendre »).

 

Je ne cherche aucune excuse au plus ou moins bon traitement de Lucas quant à son œuvre, même si personnellement j’adore le contexte politique et l’ambiance qui en découle dans lequel il nous a plongés, nous spectateurs, mais je me pose réellement la question.

 

 

Et si on parlait… des personnages ?

 

Magnifique transition très smooth (non). Parlons-en, d’Anakin, de Padmé, de Jar-Jar – dédicace à tous ceux et toutes celles qui ont failli vomir/s’évanouir à son évocation – et autres personnages – Obi-Wan à jamais dans mon cœur, love love. Enfin, pour des raisons de longueur évidentes, on ne parlera que d’Anakin, de Padmé et de Jar-Jar.

Mais là, c’est encore la même histoire que la critique sur la politique. La personnalité d’Anakin était, je pense, trop maladroitement traitée et trop ambitieuse pour seulement trois films. Pour en revenir à l’exemple Game of Thrones, on n’aurait pas vraiment eu droit à un vrai traitement de Joffrey Baratheon en seulement deux heures d’un film à l’intrigue très fournie. Peut-être qu’Hayden Christensen n’est pas bon acteur, peut-être, mais en interview dans le bonus du DVD La Revanche des Sith – eh oui j’ai le DVD de la cassette, kestuvafer —, George Lucas a déclaré qu’Hayden avait très bien réussi à interpréter ce qu’il attendait d’Anakin Skywalker. Je vais peut-être être méchante mais je pense qu’Hayden Christensen a fait ce qu’il a pu avec ce qu’on lui demandait.​

Et qui dit Anakin dit… Padmé ! Je ne m’attarderai pas sur elle, mais je tenais à exprimer à la fois l’admiration et la colère que me font ressentir ses apparitions. On nous l’a présentée comme une femme forte, une reine puis une sénatrice quand même ! Une femme de pouvoir qui ne se laisse pas marcher sur les pieds eeeet qui devient totalement INUTILE lorsqu’elle tombe amoureuse d’Anakin. Sérieusement, dans l’épisode III, son rôle c’est… être enceinte et faire basculer Anakin dans le côté obscur. SU-PER ci-mer George. Voilà. Ça me fait grincer des dents. Je suis dégoûtay.

Comme je ne peux décemment pas faire tous les personnages (pourtant j’aimerais bien), je terminerai avec une observation : je n’ai jamais vu une telle déferlante de haine pour un personnage fictif que celle envers notre Gungan préféré (rpz) Jar-Jar.

Je me permets de citer Mio et sa pertinente question lorsque j’ai fait part de ma volonté d’écrire cet article : « mais comment excuses-tu Jar-Jar ? » Alors voilà : je n’excuse pas Jar-Jar. On l’aime ou on le déteste, que voulez-vous ma bonne dame ? Je me souviens avoir personnellement ri à certaines blagues et soupiré à d’autres, dès le premier visionnage. En soi, la présence de Jar-Jar ne me fait ni grincer les dents, ni sauter de joie ; je ressens une profonde indifférence pour ce personnage, mais je comprends qu’il soit détesté par d’autres – mais n’oublions pas que c’est lui qui a donné les pleins pouvoirs au sénateur Palpatine/le méchant Sith dont on parle pendant les trois films…

 

Il faut savoir que Lucas apprécie beaucoup tout ce qui tient de l’humour grotesque, voire du ridiculement grotesque, et affectionne les créatures étranges et monstrueuses comme on peut en voir dans la Cantina de l’épisode IV. Les Ewoks – les petites créatures poilues de l’épisode VI pendant la bataille d’Endor –, C-3PO ou encore Chewbacca ont été créés dans l’optique d’apporter une légèreté humoristique en comparaison à la froide rigidité des Jedis, d’où la création du personnage de Jar-Jar, destiné à contrebalancer la sombre ambiance de l’épisode I. Malheureusement, ben ça a raté, et on le voit bien car Jar-Jar brille par son absence dans les épisodes suivants. Je ne peux que vous indiquer quelques liens à la fin de l’article pour approfondir la question de Jar-Jar, ou cet article se transformera en un essai d’au moins mille pages, ce dont je n’ai pas spécialement envie et vous non plus, j’imagine.

 

S’il y a une critique que j’aimerais formuler, c’est que certains personnages manquent cruellement de couleurs. Certains sont très intéressants, d’autres beaucoup moins, et je trouve qu’il manque à beaucoup d’entre eux une profondeur suffisante pour permettre au spectateur une identification complète. Encore une fois, le format de deux heures de films n’était peut-être pas le meilleur pour qu’ils obtiennent tous cette profondeur. C’est avec tristesse que je m’arrête là pour les personnages et… ah ? aah ? Non, non on me dit que non ?!

Obi-Wan, mon premier crush du multivers. Jamais je ne t’oublierai.

Je souhaiterais terminer en disant aux plus grands détracteurs de cette prélogie que s’il y a une chose pour laquelle ils doivent voir le film, c’est la musique. LA MUSIQUE, MES BRAVES. Composée par John Williams (keurkeur). Les mots me manquent tellement j’aime les BO de cette prélogie d’amour. Écoutez-les, jusqu’au bout, s’il vous plaît. L’ambiance dans laquelle Lucas nous plonge colle tellement avec la BO, c’est un régal pour les oreilles et un eargasm perpétuel.

Je n’ai pas parlé des effets visuels que je trouve pour ma part très réussis, notamment lors des combats. Je n’ai bien sûr fait qu’effleurer le sujet, pour des raisons pratiques. Pour mot de la fin, je voudrais poser la question de la génération : l’amour de la prélogie est-il un phénomène lié à une génération particulière ? Ceux qui ont grandi avec la prélogie ont-ils moins de mal à l’apprécier, puisqu’ils ont grandi avec, qu’ils ont d’abord, pour la plupart, visionné la prélogie, puisqu’ils sont baignés dans son esthétique visuelle plus léchée et numérique ? Je me permettrai de citer mon petit frère (vingt ans, toutes ses dents, et une sagesse déconcertante) et son intéressante observation : « après tout, c’est peut-être comme l’effet Seigneur des Anneaux et Hobbit. Il y a un tas de personnes qui ont adoré la trilogie mais beaucoup ont été déçus de la prélogie, si l’on puit l’appeler ainsi ». C’est peut-être ça, l’attente, l’espérance de retrouver le matériau de base tout en découvrant autre chose… Les goûts et les couleurs, de toute façon, n’est-ce pas Ginette ?

LA PRÉLOGIE STAR WARS

ou pourquoi est-elle injustement mal aimée

par AppleCherryPie

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