faire un PLAN EFFICACE

POUR SON HISTOIRE

par Elodye H. Fredwell

Construire un plan potable pour son histoire, ce n'est pas gagné pour tout le monde et c'est surtout propre à chacun. Il faut d'abord bien différencier quel type d'auteur nous sommes : il existe les pantsers, des improvisateurs qui n'ont pas besoin d'un plan pour écrire leur roman, et il y a les plotters (« plot » signifie « intrigue » en anglais) qui, comme moi, ne peuvent travailler sans. Selon les projets, nous pouvons être les deux, le principal c'est de choisir la méthode qui nous correspond.

Dans cet article, je vous parlerai de ma méthode pour construire un plan qui me suivra tout au long de mon histoire. Je vous établirai mes deux grandes étapes de conception, avec un exemple de schéma narratif et de tableau, et je finirai par l'adaptation dudit tableau selon les projets.

Faire le schéma narratif

 

Cela paraît peut-être être un exercice un peu scolaire, mais il est très utile dans la première partie de préparation de l'histoire. Si, comme moi, vous avez des pages et des pages de notes en vrac sur votre histoire, il faut que vous puissiez les mettre dans l'ordre et sortir les cinq grandes idées principales. Pour vous présenter au mieux les différentes étapes, je vais prendre le même exemple à chaque fois, qui est Harry Potter à l'école des sorciers de J.K. Rowling.

 

En premier lieu, vous devez établir votre situation initiale : que va-t-il se passer au tout début de votre histoire ? Qui apparaît en premier ? Dans quelle situation se trouve votre héros au début de votre histoire ? Cette étape vous servira de base soit pour votre prologue, soit pour votre premier chapitre, selon comment vous souhaitez établir votre récit.

Exemple : La situation initiale de Harry Potter à l'école des sorciers est ce que vit Harry au quotidien avec les Dursley. C'est ainsi que l'on voit le héros réellement pour la première fois.

Il se peut que votre histoire, comme l'une des miennes, commence par la fin ! Dans ce cas, cette scène que vous souhaitez placer en premier n'est pas votre situation initiale.Votre situation initiale est ce qui pose les bases de votre récit, une première étape vers cette scène qui se passera, finalement, plus tard dans votre roman. Ce n'est pas forcément le début d'une histoire qui place la situation initiale.

 

Dans toute histoire, il y a un élément perturbateur, une action, une scène, une parole, un personnage qui arrive et qui chamboule le début. Il est très important de bien le cerner pour votre histoire car c'est lui qui lancera votre intrigue.

Exemple : Les lettres de Poudlard qui arrivent par dizaines chez les Dursley. Ce moment casse la routine de Harry et le lecteur sait que plus rien ne sera pareil pour le héros

 

Une fois ces étapes accomplies, il est temps de mettre en place les différentes péripéties : ce sont les actions importantes qui se passeront dans votre roman. Si vous ne savez pas encore quelles actions seront plus décisives que d'autres, pas de panique ! Choisissez seulement deux ou trois grands axes qui mèneront vers la fin de votre histoire. Vous ajouterez les autres au fur et à mesure.

Exemple : Harry qui rencontre Ron, Harry qui rentre à Poudlard, Harry qui fait gagner Gryffondor au Quidditch, Harry, Hermione et Ron qui découvrent Touffu, etc., sont des péripéties qui ont toutes leur importance au cours de l'histoire.

 

En quatrième étape, nous avons l'élément de résolution, qui fait écho à l'élément perturbateur. Comme son nom l'indique, c'est l'action qui permettra la résolution de l'intrigue.

Exemple : L'affrontement contre Voldemort est la résolution et indique que l'histoire est sur le point de se conclure.

Attention ! L'élément de résolution ne marque pas le point final de votre histoire. Il s'agit de l'étape juste avant.

 

Nous y venons justement à la fin de l'histoire et donc, à la dernière étape de ce schéma : la situation finale. C'est elle qui contient le fameux point final et qui met un terme au roman, soit dans un dernier chapitre, soit dans un épilogue. C'est également dans cette partie que nous aurons, pour les histoires à plusieurs tomes, une fin qui nous poussera à lire la suite.

Exemple : La remise de la Coupe des Quatre Maisons et le retour chez les Dursley est le dénouement du premier Harry Potter, avec également, en dernière phrase, une introduction sur l'été qui arrive et sur lequel on en saura plus seulement dans le prochain tome.

Justement, pour les histoires en plusieurs tomes, il est essentiel, si vous utilisez cette méthode, de faire un schéma global de l'histoire – qui n'a pas besoin d'être terminé si vous ne savez pas encore le dénouement final – ainsi qu'un schéma par tome ! Cela vous donnera une bonne base pour commencer à planifier votre roman.

Il existe de nombreuses autres façons de construire un schéma narratif – et Marièke Poulat, sur son site Mécanismes d'histoires, nous en fournit quelques-unes –, mais celle-ci est celle que je trouve la plus complète car elle pose toute l'histoire dans son ensemble.

Le schéma narratif, contrairement au plan, n'est pas obligatoirement rédigé. Il peut simplement être sous forme d'annotations, de courtes phrases, du moment que vous arrivez à vous retrouver dans votre récit.

Dresser le tableau

 

Vient ensuite l'étape du plan en lui-même. Mais le rédiger, de but en blanc, sur une feuille avec juste les indications de chapitres, ne me semble pas pertinent. Je vous propose donc un tableau qui vous permettra d'avoir une vision globale de votre histoire, chapitre par chapitre. Il se présente avec des colonnes bien distinctes que je vais vous énoncer.

 

Dans la première, vous aurez tout simplement le numéro et/ou le nom du chapitre. Selon moi, cette colonne doit être votre table des matières et donc, les numéros et titres des chapitres doivent être écrits comme dans votre récit : si vous mettez des chiffres romains en haut de vos chapitres, alors vous devrez mettre des chiffres romains dans cette colonne. Chacune de mes histoire est mise en page différemment et avoir ce guide me permet de ne pas confondre.

 

Votre deuxième colonne implique le lieu, la date et la temporalité du chapitre. Ici, vous rentrerez les informations relatives à votre cadre spatio-temporel. Si votre chapitre se passe un mercredi matin, dans le bus, alors, n'hésitez pas à l'indiquer. Savoir cela vous permettra d'être cohérent avec les heures de la journée et de ne pas se perdre en se demandant « quel jour on était dans ce chapitre là ». Vous aurez toujours une sorte de calendrier directement lié à votre plan.

 

La colonne suivante est celle que je juge comme la moins utile car je ne l'utilise que très rarement, seulement dans un roman qui comporte de nombreux personnages. Je l'intitule « Les personnages présents dans le chapitre ». Rien de bien compliqué, vous entrez juste le nom des personnages qui auront une présence physique dans le chapitre. Je la trouve utile lorsque j'ai besoin de savoir qui rencontre qui à quel moment, ou alors quand je sais que beaucoup de personnages vont intervenir dans le chapitre. Mais la plupart du temps, j'oublie cette colonne et donc, je finis par la supprimer. Cela ne dépend que de vous, de vos habitudes, si vous souhaitez la conserver ou non.

 

Vient ensuite la colonne la plus importante de votre plan : le contenu du chapitre. C'est là que toutes vos scènes seront décrites. J'expliquerai plus en détail dans la partie suivante, mais pour vous faire une idée, cette colonne sera la plus remplie de toutes !

 

La dernière colonne vous sera également très importante si beaucoup de choses se passent en même temps dans votre histoire. Je la nomme « Éléments supplémentaires » et elle contient habituellement les choses que je ne dois pas oublier : les descriptions, les objets que j'ai introduits et qui doivent être intégrés dans un autre chapitre, les petites phrases qui serviront pour plus tard, etc. C'est la colonne pense-bête, mais pareil, j'y reviendrai dans la prochaine partie.

 

Ce tableau, je l'utilise depuis près de trois ans pour chacun de mes romans. Il me convient parfaitement, c'est mon outil de travail et je l'adapte en fonction de mes besoins rédactionnels et cela sera justement le sujet de ma dernière partie.

Ce tableau, je le fais habituellement dans un document, sur mon ordinateur, en format paysage car cela me permet d'avoir une vue d'ensemble. Mais vous pouvez bien entendu l'adapter selon vos préférences : de façon manuscrite, avec des post-it, tout est bon à partir du moment où vous vous y retrouvez.

Remplir le tableau

Vous avez un schéma narratif et un tableau vide. C'est bien joli, mais maintenant, il faut le remplir ! Pour les premières colonnes que j'ai cité, je ne vais rien vous apprendre donc, je me concentrerais sur la rédaction des deux dernières, à savoir le contenu du chapitre et les éléments supplémentaires.

Concernant votre contenu, il est impératif – et j'exagère à peine – que toutes vos scènes soient notées. Pour ma part, mes chapitres font souvent entre cinq et dix pages et donc, ils sont divisés en « scènes » (j'appelle cela ainsi, mais j'ignore si c'est exactement le bon terme pour un roman) séparées par des astérisques. Chacune de mes scènes sont dans mon tableau, chacune avec une numérotation ou une puce pour pouvoir bien les différencier. C'est extrêmement important que vous puissiez les séparer pour bien vous y retrouver et que vous ne perdiez pas le fil dans votre plan.

       

Elodye Fredwell
 
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N'hésitez pas à développer vos idées ! C'est votre outil de travail, vous pouvez écrire autant que vous voulez dans cette colonne, lâchez-vous. Personnellement, je détaille énormément mes scènes pour perdre moins de temps lors mes séances d'écriture, si bien que ma colonne prend souvent plusieurs pages. Cela sera votre outil, vous pouvez détailler comme simplement écrire des intitulés de scènes, le principal c'est d'avoir un fil conducteur assez parlant pour vous aider à rédiger.

J'en viens à la dernière colonne qui concerne les éléments supplémentaires. Ici, je note le comportement de mes personnages (s’il ou elle est désagréable ou stressé), les choses qu'il faut mettre en avant (une passion, un événement passé, les relations entre les personnages), les descriptions qu'il y aura à faire (lieux ou personnages), mise en contexte de l'histoire si ça n'a pas été fait (énumérer des faits historiques qui placeront le contexte), rappel de faits (une bagarre, une rencontre) ou bien, juste des questions qu'il faut que je me pose pendant l'écriture pour mieux gérer mes personnages ou mes actions. Je vous l'ai dit, cette colonne est mon pense-bête, là où je mets toutes les choses qu'il ne faut pas que j'oublie.

 

Ce tableau est adaptable et réadaptable selon les projets. Dans mon roman dystopique, j'utilise la colonne des personnages, bien que dans mon dernier roman fantastique, je ne l'utilise pas du tout. Votre tableau doit se construire selon les besoins de votre histoire. Si vous voulez ajouter une colonne, au contraire, n'hésitez pas ! Ce tableau est à titre d'indication, tout comme le schéma narratif que je vous ai fourni. C'est une base pour vous créer votre propre méthode de travail. Si vous n'aimez pas faire votre plan alors, adaptez ce tableau pour qu'il corresponde à ce que vous avez l'habitude de faire, pour qu'il soit plus facile à comprendre, pour qu'il vous soit plus accessible, pour qu'il réponde à vos besoins d'auteur. Si vous n'aimez pas les tableaux – ce qui serait fort dommage vu tout ce qu'on peut faire avec – alors adaptez ! Ne restez pas bloqué sur la création de votre outil.

 

Créer un plan n'est donc pas facile, mais si vous savez exactement de quoi vous avez besoin pour construire votre histoire alors, votre outil se créera de lui-même. À force d'utiliser ce tableau, je l'ai amélioré, je l'ai fait évoluer et, maintenant, il me suit sur chacun de mes projets. Une fois que vous trouvez votre méthode, vous ne la quitterez plus.

Cet auteur a aussi rédigé
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