Quand on pose le point final à une histoire, un article, un texte, il faut fatalement le rédiger au propre. Il s’agit alors de chasser les répétitions, les incohérences, et de faire la guerre aux fautes de conjugaison et de grammaire. Ça y est, vous avez fini, votre texte est corrigé, plus de coquilles, plus de lourdeurs ni de passages inutiles, pourtant, n’avez-vous pas oublié quelque chose dans l’équation ? Eh oui, la mise en page ! Oh, je vous entends déjà râler. C’est souvent l’une des étapes dont on s’occupe en dernier (parfois par-dessus la jambe) tant l’opération peut-être longue et fastidieuse.

Pourtant, je ne vous apprendrai sans doute rien en vous disant qu’un texte qui n’est pas suffisamment lisible et aéré aura peu de chance d’être lu (votre prof d’histoire-géo n’arrêtait pas de vous le répéter au collège et il avait raison !)

La mise en page, c’est important à la fois pour le lecteur, mais aussi pour l’image que vous donnez de votre texte. Dès lors, pas question de faire l’impasse dessus.

Mais voilà, pour éviter de devoir relire vos 200 pages d’un bloc pour rajouter tous les alinéas manquants, voici quelques règles que vous pouvez appliquer au moment de l’écriture : 

            1. Règles générales

 

         Laissez les mots respirer. Changez de page à chaque nouveau chapitre. N’hésitez pas à passer à un autre paragraphe régulièrement sans oublier de faire un alinéa, et ne sautez une ligne qu’en cas de changement de lieu, de temporalité ou de point de vue. Le saut de ligne sert à marquer une rupture. Pour un changement plus accentué, vous pouvez mettre un astérisque par exemple (il peut signifier une ellipse), mais n’en abusez pas. Pensez à justifier votre texte, ça évite les problèmes de mises en page et c’est bien plus joli à regarder.

 

            Respectez la présentation des dialogues

 

            Lors de mes envois à des maisons d’édition, ou quand il me fallait présenter un travail dans mon master, la remarque que j’ai entendue le plus souvent était « faites attention aux dialogues ! ». Et pour cause, un dialogue mal présenté peut être un vrai calvaire à lire.

            Un dialogue s’ouvre et se referme par des guillemets français, autrement dit, ceux-ci «  ». Oui je sais, cela peut paraître simple et pourtant un certain nombre de manuscrits que j’ai eu l’occasion de voir ne respectaient pas ces consignes.

            Entre le moment où vous ouvrez et fermez le dialogue, il vous faut mettre des tirets cadratins à chaque prise de parole. Ils ressemblent à cela : — et sont réalisables par une série de manipulations  (ctrl + alt + touche - moins du pavé numérique) ou paramétrables selon votre logiciel de traitement de texte. Attention, les tirets qui commencent chaque paragraphe parlé d’un dialogue ne doivent pas être ceux d'une liste à puces mais bien ceux présentés ici.

Certains éditeurs demandent simplement des tirets cadratins dans les dialogues et pas de guillemets, mais dans ce cas ils le précisent (nous y reviendrons).

            Enfin, faites attention à la ponctuation. Lorsqu’une particule narrative suit une phrase de dialogue, elle ne commence jamais par une majuscule. Exemple ici :

            — Tu devrais rentrer, dit-il.

            Et non pas :

 

            — Tu devrais rentrer. Dit-il.

        Les alinéas

       C'est le petit espacement qui va éviter que votre texte soit un seul et unique bloc compact. On le trouve devant chaque nouveau paragraphe et dans des dialogues comme dit plus haut. Sa présence facilite grandement la lecture et il est attendu dans tout texte respectant les règles de mise en page. En effet, l’alinéa, c’est un peu comme le clignotant, il n’est pas facultatif et pourtant peu de gens le mettent malgré son utilité. Selon les traitements de texte, vous pouvez l’obtenir en réglant les paramètres des retraits et espacements, ou en appuyant sur la touche TAB.

          La ponctuation

          En français, il y a ce que l’on appelle un espace insécable avant et après certains signes de ponctuation. Dans la plupart des traitements de texte, si vous l’avez réglé par défaut sur la langue française, ces espaces devraient s’inclure automatiquement dans votre document. Parfois, ce n’est pas le cas. Il est donc important de vérifier, en vous servant de la fonction « afficher tout » de Word ou en utilisant des logiciels de correction qui vont relever les espaces manquants.

 

          Majuscules et accents  

           

          Il est nécessaire de mettre les accents sur les majuscules, comme pour le mot Écriture (seuls les sigles échappent à la règle). Sur certains traitements de texte, cela se fait automatiquement ou est suggéré par le correcteur. Mais il peut arriver qu’il faille ajouter manuellement un accent sur une majuscule. Il vous suffit de trouver les touches de votre clavier correspondant aux accents, une rapide recherche internet vous montrera les raccourcis.

 

  • Par exemple, pour le É, il faut faire = alt + 144

 

            Quand est-il judicieux d'utiliser des majuscules ? Eh bien, en vérité, peu de cas justifient le recours à une majuscule en dehors des débuts de phrase. Voici quelques exemples :

          > Dans les noms d’organismes ou d’associations en français, on mettra de préférence une majuscule au premier mot, les mots suivants commençant par une minuscule.

             > Lorsqu’il s’agit d’un titre de roman, il faudra également en mettre une (je me permets de vous renvoyer à la note écrite par Loriano sur le forum de GE qui l’explique de façon très claire) :

  • si le titre commence par le/la/les, il y a des majuscules au déterminant, au nom qui va avec, et aux adjectifs qui précèdent ce nom. Exemple : Le Petit Chaperon rouge

  • si le titre commence par un/une/des, il n'y a de majuscule qu'à ce premier mot. Exemple : Un long dimanche de fiançailles

  • si le titre est en un seul mot, il est évident qu'il va prendre une majuscule. Exemple : Divergente

  • si le titre est une phrase, il n'y a de majuscule qu'au premier mot. Exemple : Il était une fois dans l'Ouest (OK, ici il y a aussi une majuscule à Ouest, mais le mot est considéré comme un lieu précis, et donc un nom propre).

 

            L’italique

 

            L’italique s’emploie dans le cas où vous utilisez un mot latin ou étranger. Par exemple pour le terme a priori.

On le retrouve également lorsqu’il s’agit de reprendre une citation ou d’inscrire le titre d’un roman. Mais il peut aussi être employé pour mettre en évidence une idée ou montrer que l’auteur (vous) reprend un terme qui ne lui appartient pas directement. Cependant, lorsque vous parlez du titre d’un poème ou d’une chanson, cela sera entre guillemets. Pareil si vous citez une nouvelle appartenant à un recueil, exemple :

           La nouvelle « Mauvaise donne » de Janua Vera écrite par Jean-Philippe Jaworski

 

 

      2. Doit-on respecter des règles de mise en page précises pour envoyer son roman aux éditeurs ?

 

         La réponse est oui ! Hors de question d’envoyer une brique sans la moindre mise en page à un éditeur. C’est le meilleur moyen pour que votre roman atterrisse à la corbeille (d’accord ça ne se produit pas à tous les coups, mais mieux vaut ne pas courir le risque).

           La mise en page est importante dans un souci de confort de lecture, mais également dans la mesure où cela va donner une bonne ou à l’inverse une mauvaise image du manuscrit. Vous n’iriez pas en entretien d’embauche en baskets et tenue dépareillée ? Là c’est un peu le même principe.

           Sachez que je vais vous exposer ici les règles de présentation type. Chaque éditeur a ses préférences, et celles-ci peuvent varier d’une maison d’édition à une autre. C’est à vous de vous renseigner sur les modalités d’envoi. En général, lorsqu’un éditeur a des attentes particulières, elles sont indiquées sur son site. Quand rien n’est mentionné, vous pouvez vous fier au modèle de base.

  • Évitez les fioritures, pas d’illustrations, de police fantaisie. Partez sur quelque chose de simple, de clair et d’aéré. Ne mettez pas de styles de texte différents, restez sur du Times New Roman en taille 12, c’est une valeur sûre.

  • N’imprimez qu’au recto. Oui c’est cher, oui ce n’est pas pratique. Mais c’est pourtant la consigne qui revient le plus souvent. Je vous conseille de vous y plier, sauf si votre roman est un énorme pavé auquel cas vous pouvez vous renseigner pour savoir si ce point est obligatoire.

  • Mettez des marges larges et des interlignes 1,5 ou 2, les éditeurs aiment bien annoter les textes.

  • Numérotez les pages et faites un saut de page à chaque nouveau chapitre.

  • Pensez à vérifier les alinéas sur les dialogues, ils ont tendance à sauter quelquefois.

  • Sur la première page de votre texte, indiquez uniquement le titre, vos coordonnées, ainsi que toutes les infos que demanderont les éditeurs.

     

            Sources :

        

            Guide de formatage des éditions Reines Beaux, pour les exemples et les manipulations à faire concernant les tirets cadratins et les espaces insécables

           

            Revue.refer.org – fiche typographie

http://revues.refer.org/telechargement/fiche-typographie.pdf

La MISE EN PAGE

par Lorelei

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