Lorsque l’on pense à la culture nippone, la plupart du temps, deux visions contradictoires s’opposent : Tokyo et ses immenses buildings, le bruit permanent et la technologie visionnaire d’un côté ; Kyoto et ses temples, les fleurs de cerisiers et les traditions ancestrales de l’autre. L’œuvre Your Name de Makoto Shinkai (Kimi no na wa, en VO) propose un tableau de ces merveilles japonaises sur trois supports tout aussi orientaux. Je vous propose de découvrir cette histoire atypique, poétique et magique !

 

Du manga à l'animé en passant par

 

le roman : le cas de Your Name

 

 

par Maderose

Commençons avec l’auteur… Makoto Shinkai

Réalisateur de films d’animations depuis 2002, avec son premier court métrage The Voice of a Distant Star, Makoto Shinkai se révèle dans une succession d’animés reconnus et récompensés au Japon et à l’étranger. Il se fait un nom rapidement au pays du soleil levant mais ne perce véritablement auprès du public et des critiques occidentaux qu’avec Your Name, sorti en 2016.

Les thèmes de ses œuvres sont toujours poétiques, romantiques avec une pointe de magie ou de surnaturel ; et il ne s’arrête pas toujours aux longs métrages. À trois reprises, il a écrit le roman de son œuvre animée : 5 centimètres par seconde, The Garden of Words et Your Name. Et dans le cas de ce dernier, une adaptation en manga a également été publiée, en trois tomes et une série spin-off sur les personnages secondaires de l’intrigue principale.

 

Your Name… il était une fois Taki et Mitsuha

Qu’il s’agisse du manga, du film animé ou du roman, nous suivons la même histoire et les mêmes personnages. Cette histoire est celle de deux adolescents : Taki et Mitsuha.

Taki est un lycéen habitant Tokyo depuis toujours avec son père. Il a deux amis fidèles, un petit boulot dans un restaurant italien et une fille qu’il aime bien. Taki a la vie banale d’un jeune homme japonais. Un matin, il va se réveiller en ayant l’impression d’avoir vécu la vie de quelqu’un d’autre dans son rêve : celle d’une jeune lycéenne de son âge, vivant dans la campagne japonaise paisible.

Mitsuha est une lycéenne habitant à Itomori avec sa grand-mère et sa petite sœur. Elle est prêtresse d’un temple, elle a deux amis qu’elle adore mais ne se plaît pas dans cette petite ville où jamais rien ne se passe. Un matin, elle va se réveiller en ayant l’impression d’avoir vécu la vie de quelqu’un d’autre dans son rêve : celle d’un jeune homme de son âge, vivant dans une grande ville mouvementée.

Ce qu’ils ne savent pas – du moins, au début – c’est qu’ils ne rêvent pas. Non, leurs esprits s’échangent de manière aléatoire et chacun vit une journée de l’autre. Autant dire que cela va apporter son lot de quiproquos et de situations cocasses !

Bon… soyons honnête. Ce type d’histoire a déjà été écrit, réécrit et réécrit encore. Mais là, Makoto Shinkai nous emmène bien plus loin. Je ne dévoilerai rien de la suite de l’intrigue, mais il y a bien plus que deux jeunes gens qui échangent leurs corps et leurs vies. Il y a tellement plus que la découverte de l’autre et des sentiments que cela implique. Non, il y a vraiment beaucoup plus que cela. Et c’est, en partie, la pluralité des supports de cette histoire qui met en exergue cette multitude de facettes.

 

 

Trois supports… pour quoi faire ?

 

Il n’était au départ pas prévu que l’histoire se développe en manga et en roman. Il ne devait y avoir, initialement, qu’une sortie en film animé. Le roman a été une envie de Makoto Shinkai – avant même que la production du film ne soit terminée – et les mangas sont venus après coup, grâce à l’excellente réception du roman et de l’animé par le public. Chronologiquement, ils sont sortis ainsi : le roman, l’animé et le manga.

Ce n’est qu’un avis personnel, mais je trouve qu’il est préférable de lire d’abord le manga avant de s’attaquer aux deux autres supports. C’est un peu contradictoire si l’on se réfère aux dates d’édition, puisque le manga est sorti en dernier mais, contrairement à ce que l’on pourrait penser, le manga est celui qui a le moins d’informations sur les personnages et l’intrigue générale de l’histoire.

Avec le scénario de Makoto Shinkai et le dessin de Ranmaru Kotone, on entre le temps de trois tomes dans un univers si particulier aux mangas : la ville de Tokyo et ses immenses buildings, la campagne et les traditions nippones. Tout de suite, les paysages nous frappent, l’histoire nous emporte grâce aux dessins principalement mais également à l’intrigue, dont on a une première approche.

On pourrait parfaitement se dire : à quoi bon regarder l’animé ou lire le roman ? On a déjà eu l’histoire entière, non ? Alors oui. On pourrait le voir comme ça. Mais je ne peux que conseiller de redécouvrir l’histoire par les deux autres supports. Ils apportent tous deux d’autres aspects qui ne vont vous faire qu’apprécier d’autant plus cette magnifique histoire.

Après la lecture du manga, le visionnage du film animé. Réalisé par Makoto Shinkai, il offre un plus par rapport aux trois tomes du manga, notamment grâce à l’ajout d’une bande son. L’animation est très semblable au manga – puisque celui-ci a été réalisé à partir du film –, mais les voix des personnages et surtout la bande originale choisie pour lui rajoutent à la magie. RADWIMPS, groupe nippon reconnu, a été sélectionné par le réalisateur lui-même pour réaliser la musique, qui colle parfaitement avec les ambiances diverses et parfois complexes de l’histoire.

Alors… on a lu le manga, on a vu le film. Et il y a encore des choses à découvrir ? Eh bien oui ! Je pensais moi aussi au début que le manga et le film seraient suffisants pour bien comprendre l’histoire. Mais lorsque j’ai vu, à Livre Paris, le roman qui me faisait de l’œil sur les étals de Pika Editions… je n’ai pas pu résister. Et j’ai bien fait !

Tandis que le manga et le film nous montraient principalement un décor et une bande originale des plus splendides, le roman va apporter une toute autre dimension, une toute autre facette de l’histoire et surtout des personnages. Le roman a également été écrit par Makoto Shinkai et prend le parti de délaisser les descriptions de paysages pour se rapprocher des personnages. Ainsi, contrairement aux deux autres versions, celle-ci va au cœur des ressentis, des sentiments et des pensées de nos deux personnages principaux : Taki et Mitsuha. Malgré un minimum de descriptions, les souvenirs des deux autres versions aident à embrasser l’intrigue, l’histoire et sa magie dans toute sa globalité.

 

 

D’après moi, c’est la pluralité des supports de lecture de l’œuvre de Makoto Shinkai qui lui donne une telle présence et un tel sentiment de satisfaction à la fin – même si beaucoup sont frustrés parce qu’on n’a pas de suite mais ça, je laisse le soin au lecteur de le découvrir !

Beaucoup de critiques ont décrit Your Name comme flirtant avec les œuvres du grand maître des films d’animation japonais, Miyazaki. Je ne ferais pas de comparaison puisque l’article n’est pas là pour cela et je trouve qu’il s’agit de deux univers bien différents. Mais il est important de le noter car ce réalisateur, scénariste et auteur n’a pas fini de faire parler de lui. Sortira en juillet 2019 au Japon son prochain film animé, dont la bande annonce est déjà disponible (et qui aura une nouvelle fois une bande originale signée RADWIMPS) : Weathering with you. Aura-t-il la même triple édition que le précédent ?

Maderose

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