Écrivain, comédien, metteur en scène, que de cordes à ce grand arc ! Aujourd’hui, j’ai le plaisir de vous présenter une interview de l’auteur, metteur en scène et comédien Benoît Fourchard. Il est également le directeur d’une compagnie de spectacles, « Les fruits du hasard », basée en Moselle, et il a bien voulu accepter de nous partager un peu de son temps bien chargé pour ce premier webzine de 2017. Bonne rencontre !

       

Maderose
 
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Tout d’abord, bonjour, Benoît Fourchard ; et merci de m’accorder du temps pour cette entrevue. Votre curriculum vitae est très impressionnant : metteur en scène, auteur, scénariste, comédien, vous avez également fondé une compagnie de théâtre… C'est une liste longue et on se demande comment vous faites pour concilier toutes ces activités !

Bonjour à toi. Il est vrai que toutes ces activités sont compliquées à concilier et demandent de l’organisation. Celle-ci se fait surtout par rapport aux dates des projets théâtraux ou des rencontres littéraires. De manière générale, je préfère m’immerger sur des journées entières dans l’un des domaines. En ce moment, c’est dans l’écriture. Je m’enferme une journée et je ne fais que ça. C’est une organisation qui est venue au fil des années et qui me convient assez bien aujourd’hui.

Et parmi toutes ces activités, y en a-t-il une qui vous tient plus à cœur que les autres ? En ce moment, quelle est votre activité la plus prenante ?

L’écriture, je dirais ? C’est l’écriture à laquelle j’aimerais me consacrer le plus, malheureusement c’est difficile parce que, financièrement, ce n’est pas très rentable. Je n’ai que des petits tirages, donc je dois tirer mes revenus des pièces de théâtres jouées. Ensuite, ma deuxième activité est celle de metteur en scène et comédien. J’aimerais rester dans l’écriture pure, mais le fait d’avoir une équipe dynamique de création est très plaisant et agréable également. Le plus pénible dans le théâtre, c’est qu’il y a un attrait artistique moins important que dans l’écriture simple : 20% d’artistique et 80% d’administration.

Ces derniers temps, c’est la pièce Noirceurs qui m’a pris beaucoup de mon temps puisque nous sortons d’une série de représentations. Cela fait également deux mois que je suis sur les routes pour la promotion de mon nouveau roman, Le Chapeau de la Tétragonie, aux éditions Seuil. J’enchaîne donc les rencontres avec les scolaires, la presse, etc. Concernant l’écriture, je suis en préparation d’une nouvelle édition d’une pièce de théâtre qui sortira début 2017, intitulée provisoirement Rewind, mais également d’un roman pour les adultes intitulé Le Syndrome de Diogène, qui est actuellement dans les mains des éditeurs. Et enfin, Noirceurs, une pièce de théâtre en dyptique concernant des faits divers ; elle est en finalisation pour les éditeurs. Avec la compagnie « Les fruits du hasard », nous avons également plusieurs projets en préparation pour 2018.

Vous êtes avant tout un passionné de théâtre, mais vous éditez tout de même des romans et nouvelles. Trouvez-vous qu'il y a une différence entre ces deux domaines ? Qu'il s'agisse de l'écriture ou de la réception ?

Pour moi, tout peut être théâtral. Qu’il s’agisse un roman, d’une nouvelle ou d’une pièce de théâtre, tout peut être adapté puisque tout est narratif. Depuis longtemps, avec la compagnie, nous abordons le côté esthétique du théâtre au travers de nouvelles et cela a toujours, jusqu’à présent, été une très bonne expérience. La musique peut également faire partie du théâtre, comme dans Noirceurs. Cela donne un mélange entre la narration, le théâtre et la musique qui est très intéressant. La musique est un acteur à part entière du théâtre et de l’écriture du spectacle. J’aime explorer d’autres manières de mettre en scène et de narrer, donc je pense que tout peut être adapté au théâtre, qu’il s’agisse de nouvelles ou de musique…

 

Lorsqu'on regarde vos productions romanesques, on remarque que vos nouvelles sont destinées à un public averti, tandis que vos romans sont plus destinés à la jeunesse. Cette différence de forme par rapport aux publics a-t-elle une explication quelconque ?

 

Le Chapeau de la Tétragonie est mon premier roman pour la jeunesse. J’ai fait beaucoup de théâtre pour les enfants entre les années 1980 et 2000. Depuis 2005, c’est plus rare ; l’année dernière, nous avons fait une adaptation de Claude Ponti. Pour ce qui est de l’écriture jeunesse, cela faisait longtemps que j’avais envie d’essayer. Cela me permet de chercher dans des univers différents. J’aimerais, si je peux continuer, alterner les différents univers, roman adulte et roman jeunesse. J’ai fait quelques rencontres pour la promotion avec des enfants et ça a été une expérience incroyable. La manière dont les enfants rencontrent l’écriture est fascinante, ils sont naïfs dans leurs questions c’est très différent des questions de lecteurs adultes.

De même, vous publiez avec les éditions nancéiennes La Dragonne pour vos nouvelles, tandis que vous préférez d'autres maisons d'éditions telles que les éditions Seuil pour vos romans. Y a-t-il une raison particulière à ceci ?

J’ai trois recueils de nouvelles publiés aux éditions La Dragonne. Le directeur, Olivier Brun, est plus spécialiste des registres courts (poésie, nouvelles, romans courts). Cependant, je n’ai pas l’intention de partir de La Dragonne. J’y suis lié depuis 10 ans, c’est une belle maison qui défend les petits formats, ce qui est souvent difficile à diffuser. Par exemple, la nouvelle Excurus a fait partie de la liste du Goncourt de la nouvelle mais on n’en parle tout de même assez peu. Mais Olivier Brun et sa maison d’édition sont de bons défenseurs, en tant que lecteurs mais aussi en tant qu’acteurs, des textes ; ils ont un œil avisé et un regard extérieur objectif. C’est un bon éditeur que je ne compte pas quitter aujourd’hui.

Le dossier spécial du webzine de ce début 2017 concerne l'auto-édition. Que pensez-vous de ce procédé de plus en plus utilisé ?

 

D'un point de vue éthique, je pense que l’auto-édition est une mauvaise chose ; non pas pour les auteurs mais de la part de certains éditeurs qui utilisent l’édition à compte d'auteur. Cela correspond à un espoir pour l’auteur de pouvoir avoir son livre mais c’est un leurre complet. L’éditeur gagne de l’argent grâce au texte mais ne le défend pas lui-même. C’est l’auteur lui-même qui doit payer, pour eux, c’est le problème de l’auteur. De plus, dans l’auto-édition, il n’y a pas de regard extérieur sur le texte. Même quand on a l’habitude d’écrire, un texte a toujours besoin d’un regard extérieur.

Évidemment, il y a toujours un contre-exemple qui vient faire croire que ce n’est pas une si mauvaise manière de procéder. Mais c’est comme dire qu’on connaît quelqu’un qui a gagné au loto. Rien n’est jamais établi, même en terme éditorial. Rien ne peut assurer qu’un bouquin va être un carton ; comme certains films se mettent à cartonner et on ne sait pas pourquoi. Mais si on compte sur ce contre-exemple, on est très déçu au final de voir que ça ne fonctionne pas toujours comme ça.

 

Vous ne connaissiez pas l'association Génération Écriture et ses combats. Que pensez-vous de ses actions et des jeunes auteurs en puissance qui vivent parmi les communautés internet ?

 

Je trouve que les jeunes auteurs sur internet ont une très bonne idée surtout parce qu’ils sont liés au support. Le fond est souvent adapté à la forme. C’est de l’ordre de l’éphémère, certes. Mais le retour direct des lecteurs est une excellente technique pour s’améliorer. Le feuilleton de certains rappelle ceux des journaux autrefois, tout en s’adaptant à un support plus actuel. C’est vraiment très intéressant, une autre forme qui offre d’autres expériences. C’est une forme d’écriture qui existe à part entière et qui me semble plus intéressante que l’auto-édition papier qu’on doit aller vendre à la sauvette.

Concernant Génération Écriture, je trouve cette action intéressante. Je trouve que c’est une bonne idée d’avoir recours à l’écriture pour créer une dynamique comme celle-ci. De toute manière, quel que soit le support, il est vraiment très bien d’avoir une dynamique d’écriture. Je pense que tout ce qui peutt contribuer à faire écrire ou à faire lire est une excellente action.

interview de

BENOIT FOURCHARD

par Maderose

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