La figure du héros

dans la mythologie

par Morgane

Les textes mythologiques sont des textes fondateurs qui expliquent comment le monde s’est créé et, pour la plupart, les divinités et leurs enfants sont souvent les premiers acteurs de cette création. On retrouve également les héros, des personnages qui se sont illustrés dans l’histoire grâce à leurs liens plus ou moins éloignés avec les dieux. Pour parler de mythologie, ici je vais m’appuyer essentiellement sur la mythologie gréco-romaine que je connais bien.

 

Nous allons plus particulièrement nous intéresser à la figure du héros dans la mythologie, ce qui nous permettra dans un premier temps de redéfinir ce qu’est un héros et ses origines, et par la suite de comparer à la vision contemporaine qu’on peut en avoir – ou du moins, à la mienne, puisqu’il y a toujours une grande part de subjectivité dans chaque article.

Dans la mythologie, le héros est un personnage qui s’illustre d’une façon extraordinaire et dont le nom traverse les âges.

Pour exemple, on peut citer les douze travaux d’Hercule/Héraclès, un demi-dieu, ou encore Ulysse, loué pour son intelligence, qui grâce à son fameux cheval a permis au roi Ménélas de gagner la guerre contre la cité de Troie. Le premier s’illustre par ses actes de bravoure et sa force physique, tandis que le second s’inscrit dans l’histoire grâce à son intellect.

 

La plupart sont à l’image d’Hercule : forts, braves et ayant des ascendances divines, ce qui permet de justifier une certaine forme de supériorité face au reste du commun des mortels. Et quand ces derniers ne sont pas des demi-dieux, ils ont un sponsoring de la part d’un dieu. Ulysse, par exemple, est soutenu par Zeus (lourd lobbying), mais pourchassé par Poséidon, dont il a eu la mauvaise idée de gravement blesser le fils.

 

Donc si on résume, les héros de la mythologie sont des individus choisis par les dieux, ou semi-divins, qui s’illustrent par des actes extraordinaires qui méritent d’entrer dans la postérité.

 

Je ne sais pas vous, mais moi je vois le héros d’un roman comme une personne qui avait une vie somme toute normale et qui d’un coup : BAM ! sa vie est complètement bouleversée parce qu’il se découvre des pouvoirs (ou un amour extraordinaire, ou a une révélation, etc.). En gros, monsieur tout-le-monde devient le gars à qui il arrive plein de choses super déplaisantes, mais qui rendent sa vie tellement plus intéressante.

 

Prenez par exemple Frodon Sacquet du Seigneur des Anneaux : avant de se retrouver avec l’anneau, il est fade et insipide (certains diront qu’il l’est toujours même après ça), et après ça, bien que toujours assommant, il lui arrive des trucs fous qui n’arrivent qu’à lui. C’est l’élu. Ou encore Harry Potter, qui n’était qu’un petit gamin maltraité avant de rentrer à Poudlard et, en prime, de se trouver un ennemi mortel en la personne de Voldemort.

 

Dans la littérature moderne, le héros (personnage principal) se retrouve souvent face à un antagoniste (Harry/Voldy) ou une destinée contrariée (Roméo et Juliette). D’ailleurs, on retrouve souvent dans l’histoire du héros contemporain la notion de destinée : en gros, il lui arrive ce qui lui arrive parce qu’il a été choisi par le destin. Encore une fois : c’est l’élu.

 

Nous avons donc remplacé les dieux par la destinée. C’est à se demander ce qui a causé ce glissement. Je pense personnellement, et après quelques lectures, que ce glissement a eu lieu avec l'émergence des religions monothéistes et avec l'avènement de la science. Nous avons commencé à voir le monde à travers un prisme différent que celui proposé par les religions polythéistes et leur conception de la création du monde. Les religions ont postulé le fait que l’univers a été créé par un Dieu unique qui a insufflé la vie. La science, par la suite, elle, est venue expliquer que la vie était rendue possible par tout un tas de facteurs et de procédés.

 

En cela, les auteurs avancent avec leur temps et leurs croyances, d’où le mouvement qu’a effectué à travers les âges la figure du héros dans la littérature, même si pour beaucoup encore les grandes figures de la mythologie restent des sources majeures d’inspiration. Que ce soit dans les qualités morales que se doivent de porter les héros des romans contemporains ou dans les aventures trépidantes qu’ils vivent, on ne peut nier une part de partage et d’inspiration avec les différentes mythologies du monde entier. Comme dirait Antoine Laurent de Lavoisier : « Rien ne se perd, rien ne se crée : tout se transforme. »

Morgane
 
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