On peut bien parler de brioche, de scène de sexe, d’érotisme, de relations intimes. On peut employer des centaines de mots, avoir un vocabulaire imagé, poétique ou cru, mais une question demeure. Comment on se lance dans sa première brioche ? Comment on appréhende l’écriture de notre première scène de sexe ?

Je vais essayer de donner quelques conseils qui m’ont aidée lorsque j’ai dû me lancer dans cette affaire.

       

Laure
 
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Première étape : En lire.

Si vous voulez en écrire une, la première chose est d’en lire. Plein. Comment être à l’aise pour en écrire si, déjà, on n’est pas à l’aise en les lisant ? Donc familiarisez-vous avec. Lisez-en des dizaines. Prenez du recul, voyez comment les différents auteurs s’y prennent. Voyez ce qui vous émeut, ce que vous ne voulez surtout pas faire. Faites connaissance avec le lexique. Vous allez voir que la langue française regorge de vocabulaire pour parler de l’anatomie humaine. Et ça évite les répétitions. Ceci dit, par pitié, ne comparez jamais un téton avec une baie bien mûre, il y a des limites à tout.

Il faut donc que vous voyiez quelles émotions ces scènes vous transmettent et comment elles sont écrites. L’émotif et le technique sont intimement liés.

Je suppose que vous pouvez en trouver plein sur internet, sinon, vous pouvez toujours lire des Harlequin, des J’ai Lu Aventure&Passion, de la Bit-Lit chez Milady et encore des centaines d’autres choses.

 

Une fois que vous avez appréhendé le genre, arrive la deuxième étape : choisir votre style.

Comme je le disais, il existe des millions de sortes de brioches (Page 175 du codex). Avec Sandra, nous en avions distinguées quatre dans le codex, je vous invite à vous y rendre. Mais ça va du succinct, au suggéré, à l’émotionnel et au cru. Déjà, il faut voir quel est le genre de votre histoire : si vous écrivez une petite histoire d’amour basée sur les sentiments, alors une brioche avec des termes crus n’aura sûrement pas sa place. En revanche, si vous écrivez de la dark fantasy, peut-être que là, ça genre sera plus à sa place. Si vous n’êtes pas très à l’aise, l’écrire succinctement est une bonne idée, et si toutefois vous voulez entrer un peu plus dans les détails sans parler de la chose trop anatomiquement, l’émotionnel est bien.

Mieux vaut commencer petitement qu’entrer trop directement de les détails. Sauf si vous vous sentez parfaitement à l’aise avec le sujet.

 

Troisième étape : se mettre en condition.

Non non, il ne s’agit pas de se mettre tout nu, ne vous inquiétez pas. Mais peut-être que, si vous n’êtes pas très à l’aise, il vaut mieux évitez de vous installer dans le salon, où mémé qui passe quelques jours à la maison peut venir vous demander ce que vous écrivez, ou bien votre petit frère de 8 ans va ensuite aller demander à votre mère ce que « verge » veut dire parce qu’il a vu que vous étiez en train de l’écrire.

Et puis, peut-être que de savoir du monde autour peut vous bloquer dans l’écriture. Il ne s’agit pas non plus d’en faire une montagne. Ce n’est pas plus difficile qu’une autre chose à écrire. C’est certes un moment où l’équilibre pour trouver cette petite magie est plus compliqué à avoir, mais pas plus que de réussir une bonne romance ou de rendre émouvante la mort d’un personnage, par exemple.

Alors faites-vous un bon thé, et mettez une musique qui correspond à ce passage pour vous et lancez-vous. (« Sex Bomb » ou « Lady Marmelade » ne sont pas spécialement recommandées.)

L’étape suivante : l’écriture.

Écrivez-la, ne vous prenez pas trop la tête, vous savez ce que vous voulez. Ne vous concentrez pas trop sur les répétitions, évitez de penser que des gens que vous connaissez liront ce passage. Ça ne sert à rien d’autre qu’à se bloquer. Écrivez comme vous voyez la scène. Vous connaissez désormais le vocabulaire, vous avez vu comment vous voulez l’appréhender. Faites votre boulot, écrivez. Et vous allez voir, une fois qu’on est dedans, en fait, ce n’était pas si compliqué que ça. C’est un peu comme le film qu’on se fait avant de s’arracher un pansement. On a plus mal à l’idée de l’enlever qu’en l’enlevant. Ici, c’est pareil, on se fait une montagne et puis… après tout ce n’est rien de plus qu’une brioche. Tout le monde brioche. C’est parfaitement naturel. Ça ne fait pas de vous un pervers qui écrit des choses graveleuses ou pornographiques. Non.

Une fois qu’enfin, vous l’avez écrite, ne relisez pas tout de suite. Laissez reposer. Savourez votre petite victoire. Vous l’avez fait. Et vous verrez que j’ai raison, ce n’était pas la peine de se faire une montagne juste pour ça.

La dernière étape : la relecture et la correction.

Là aussi, rien ne sert d’appréhender la relecture. Et si on s’était foiré, et si, et si, et siii… Relisez-vous. Je vous l’annonce de suite : vous risquez de vous rendre compte qu’en fait, vous n’avez absolument pas été si explicite que ça, que même, vous restez très pudique sur la chose et que ça ne valait VRAIMENT pas la peine de s’en faire.

Du coup, rajoutez quelques détails s’il en manque, corrigez vos répétitions, voyez si vous avez été touché-e en la lisant, si vous avez ressenti l’émotion que vous vouliez faire passer. Si ce n’est pas le cas, réécrivez, ne vous en fait pas, ça va venir.

N’hésitez pas à faire lire à quelqu’un qui vous dira ce qu’il en pense d’un œil extérieur. Parce que tout le monde sait qu’on manque d’objectivité avec nous-même (personnellement, ma maman a lu et corrigé mon histoire, même la partie avec la brioche, et ni l’une ni l’autre ne sommes mortes, à partir de là tout va bien).

Et après, vous pourrez mettre en ligne votre histoire et attendre les retours. Vous verrez d’ailleurs que ce passage ne sera pas plus commenté qu’un autre, en tout cas, les gens ne seront pas plus pointilleux sur le sujet que pour autre chose.

 

Pour finir, je ne dirai qu’une chose, écrire une brioche, c’est un peu comme faire de la pâtisserie. Plus on expérimente une recette, plus on sera à l’aise avec. Vous verrez avec le temps, ça ne sera pas plus dur à écrire qu’autre chose et bientôt, ça sera à vous de donner des conseils à des novices en brioche.

 

Ah, et, pssst. Le verbe pilonner est à proscrire. Et ça, je suis formelle.

ÉCRIRE sa PREMIÈRE BRIOCHE

par Laure

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