C’est une nouvelle alternative qui jouit d’un succès grandissant dans le domaine de l’auto-édition. Comme son nom l’indique (« crowd » : la foule, « funding » : le financement), le principe est de proposer au public de participer directement au financement pour la création d’un objet, d’un livre, d’uu tournage de film, etc.

Ayant lancé mon propre crowdfunding entre octobre et janvier, je vous propose un retour de mon expérience quant à ce système.

       

Ielenna
 
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Cet auteur a aussi rédigé
  1. Pourquoi se lancer dans le crowdfunding ?

 

Le crowdfunding offre des possibilités larges et très directes : l’acheteur/lecteur n’a pas besoin de passer par 300 intermédiaires pour avoir ce qu’il veut, il interagit directement avec le créateur. Cela offre au livre, à la réalisation, toute une histoire au sein de laquelle le lecteur se sent acteur.

 

Dans un monde de l’édition de plus en plus sélectif (et c’est bien normal), les auteurs peuvent cependant trouver dans cette alternative la possibilité de publier pour les intéressés, plutôt que de tenter l’édition classique avec le risque (très important) de se faire rembarrer. Là, c’est le public qui décide si oui ou non l’œuvre a le droit à sa chance. Et ça tombe plutôt bien, puisqu’il est le principal bénéficiaire du produit qui en résultera !

 

Enfin, du côté de l’auteur, cela permet de rassembler des financements nécessaires à la réalisation du projet (impressions, frais postaux…) sans avoir à les avancer de sa propre poche. Et ça, ce n’est pas négligeable quand on connaît les prix inhérents à l’auto-édition !

 

De plus en plus d’artistes et d’auteurs passent par ce biais, qui ne signifie pas perte de qualité ou de renommé. On peut citer notamment deux campagnes phares de cette fin d’année 2016 : Maliki sur Ulule avec plus de 8000 contributeurs, et Norhern, d’Orpheelin, qui a récolté plus de 42 000€ sur Kickstarter.

Alors ? Prêts à miser ?

2. Comment fonctionne le crowdfunding ?

 

C’est fort simple ! Vous choisissez votre plateforme, vous présentez votre projet à l’équipe. S’il est accepté (avec leurs conseils judicieux), ça sera à vous de mettre en forme votre projet pour qu’il soit attrayant pour les visiteurs. Vous devrez faire transparence au niveau du budget : comment allez-vous dépenser l’argent récolté ? Quel est votre budget ?

 

Vous allez également monter ce qu’on appelle les contributions. Selon la somme qu’ils miseront sur votre projet, les acheteurs recevront des lots. À vous de décider ce que vous mettrez dans vos packs et à quel tarif.

 

Généralement, le pack d’un livre seul se situe autour des 20€ car il s’agit de la tranche la plus accessible.

3. Où se lancer dans le crowdfunding ?

 

La première structure à se lancer dans ce concept spécialement pour les livres était My Major Company Books, label participatif créé avec My Major Company et XO Editions. Depuis, MMCB a fermé, faute de rentabilité, mais son grand frère MMC continue de survivre… même si on ne lui reconnait plus de projets récents.

 

Ses concurrents ont repris alors la main, notamment Ulule, KissKissBankBank et Kickstarter. Le dernier semble plus international, mais la recette reste la même. Les trois sites n’ont pas vocation d’être spécialisés dans l’édition mais proposent tous les trois une catégorie réservée aux œuvres littéraires.

À noter que toutes les plateformes de crowdfunding demandent une rétribution à hauteur d’environ 10% de vos gains en cas de campagne réussie. Cela doit être calculé dans votre budget.

4. Les recettes pour un crowdfunding réussi

 

Ça coule de source, mais il vous faut un projet en béton ! Il faut montrer, aussi bien à l’équipe du site qu’à vos potentiels acheteurs, que vous avez pensé à tout et que vous êtes investi dans ce projet, que ce n’est pas un coup de tête ou une possible escroquerie.

 

Ensuite, il faut que votre page attire l’œil. Mettez à contribution vos amis graphistes si vous ne vous sentez pas l’âme esthète. Mais comme un livre est jugé à sa couverture avant qu’on ne s’intéresse à sa quatrième, votre page devra être en mesure de charmer votre public et de proposer un support visuel original, personnalisé et agréable. Ça demande toujours un peu de temps (et d’anticipation, car vous devez toujours avoir quelques montages d’avance en fonction de l’avancée de votre campagne), mais c’est primordial. Cela permet aux acheteurs de voir que vous aimez le travail bien fait, professionnel à tout point de vue.

 

Votre projet ne doit pas non plus être… irréalisable. Demander des financements pour publier votre livre, mais aussi le traduire, l’imprimer en braille et en faire un livre audio, un film, tout en même temps, ce n’est peut-être pas la meilleure idée ! Il faut y aller étape par étape. Rappelez-vous que vous vous adressez à un public qui ne connaît pas forcément votre plume ou votre univers. Restez terre-à-terre.

 

Aussi, j’en viens naturellement au dernier point : l’accessibilité. Votre projet ne doit pas être réservé à une seule catégorie d’initiés ou de spécialistes, vous risqueriez alors de vous fermer des portes. Cela vaut également d’un point de vue financier : proposer un pack à 50€ avec juste un livre et un bisou, ce n’est pas ce qu’il y a de plus économique et de plus gratifiant pour vos lecteurs. Même s’ils veulent contribuer à la réalisation de votre projet, ils ne sont pas pour autant des producteurs ! Mieux vaut-il alors s’adapter au budget de chacun.

 

Pour récapépét’, votre projet sera SERA. Oui. Sera SERA.

Solide. Esthétique. Réaliste. Accessible.

 

Ah. Ah non. Il me manque le point principal (et vous n’aviez pas remarqué avant ?!). Il s’agit du I de « Interactif » !

Votre campagne doit être vivante ! Vous devez sans cesse la mettre à jour, partager des news, proposer aux gens de la partager en échange de contributions spéciales, etc. Plus vous montrerez que cette campagne importe pour vous, plus les lecteurs vous soutiendront. Attention cependant de ne pas être trop insistant ou imposant, revenez par vagues. Et SURTOUT n’allez pas faire de publicité directe à des inconnus ou à des connaissances. On a TOUS dans notre réseau Facebook quelqu’un qui nous bombarde de liens pour financer son projet ou soutenir sa page… Pour « se faire connaître ». Ne devenez pas lui. S’il vous plaît.

5. Mon expérience personnelle

 

Quand j’ai décidé de me lancer dans l’auto-édition, le passage via le crowdfunding s’est imposé un peu de lui-même. Je ne me lançais pas non plus dans un tout petit projet, il me fallait près de 3000€ pour parvenir à mon objectif. 3000€ que je ne pouvais pas dépenser de ma poche (même si je me suis personnellement investie en payant moi-même la couverture). Je connaissais dans mon entourage deux auteurs qui étaient passées par ce biais et qui avaient eu des résultats satisfaisants : Yuna de Pandora Project et Jennifer de Troubles. Et pour avoir moi-même contribué à des projets participatifs, je me suis dit « pourquoi pas moi ? ».

 

J’ai donc monté mon projet et l’ai proposé à l’équipe d’Ulule, qui a tout de suite été emballée. J’avais le temps que je voulais pour préparer ma page en privé en mode « bac à sable », tandis que l’équipe me donnait plein de conseils et répondait à mes questions dans des délais très rapides. J’ai retrouvé le plaisir de préparer mon antre, un aménagement web comme je les aime (ça m’a rappelé ma période Skyrock, krkrkr). L’exercice était d’être claire et concise, de ne pas s’étaler dans des discours qui auraient été skippés par les lecteurs. Le but : donner envie, intriguer.

 

Par choix, j’ai décidé de rendre mes packs très accessibles d’un point de vue financier. Je m’étais au départ éparpillée dans un nombre incroyable de packs, tous très diversifiés, mais l’équipe m’a remise dans le droit chemin (ouf).

 

Et puis le 26 octobre à minuit (je pouvais choisir le moment !), ça a été le top départ. La folie ! Il faut dire que j’avais bien harcelé mes lecteurs depuis 5 mois prévenu mes lecteurs et qu’un certain nombre d’entre eux étaient dans les starting blocks. Le premier palier des 1000€ a été atteint en moins de 12h ; je leur ai dévoilé la couverture en récompense. Mais le plus dur était encore devant nous et… ah. Ah non. La campagne a été pliée en 60h. Voilà.

Elle a pris tellement d’ampleur si rapidement que je n’avais pas pu anticiper son succès. 3500, 4000, 4500… Le compteur n’arrêtait pas de grimper. Il s’est calmé pendant un bon mois (le NaNoWriMo, CERTAINEMENT. Et la pauvreté des gens avant la période de Noël, les cadeaux, tout ça). La machine a été relancée en décembre, avec l’ajout d’add-on (ces petites contributions bonus qui permettent de faire grimper le compteur si les premiers acheteurs en veulent encore plus !).

 

La dernière semaine de campagne a été aussi folle que la première car tous les retardataires ont repris conscience. Et également car j’avais en tête de réserver cette dernière semaine entre Noël et le jour de l’an pour ceux qui n’avaient pas eu les fonds jusqu’à là et qui auraient reçu un petit billet de tatie Raymonde (toujours là, celle-là).

 

Au final, la campagne aura atteint les 7535€, sur les 3000€ prévus. Un bel exploit qui laisse présager le meilleur pour le projet ! Mais pas le temps de fêter ça. J’ai des tableurs qui m’attendent, maintenant. Pour contacter chaque participant et ainsi bien organiser les futurs envois…

 

Ma campagne de crowdfunding a été une expérience riche en émotions et extrêmement gratifiante. Porteuse d’espoir et de valorisation. Car grâce à internet, les auteurs ne sont plus seuls et les lecteurs deviennent acteurs de leurs œuvres préférées. Alors ? Pourquoi pas vous ?

le CROWDFUNDING

par IELENNA

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