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LorianO
 
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Que boivent-ils ?

 

Lorsque j’ai posé la question aux auteurs de ce qu’ils mangeaient et/ou buvaient en écrivant, une réponse est tout de suite ressortie : le thé ! Que ce soit pour Elodye H. Fredwell, Tiphs, Kallisto, Matt’, Lyra C (qui accepte aussi les infusions, comme Kallisto, qui les préfère le soir) ou Luxellia, c’est leur boisson préférée pour écrire. Pour Tiphs, c’est même indissociable de l’écriture : « quand je m'en fais un et que j'écris pas, j'ai limite l'impression qu'il me manque un truc », dit-elle. C’est un peu la même chose pour Elodye, qui en boit même en été car, confie-t-elle, « c'est réconfortant et je me sens plongée dans mon cocon quand je bois du thé ». Ses préférés ? Menthe et vanille.

Mais tout le monde n’appartient pas à la secte des buveurs de thé. Nameless, par exemple, boit énormément de café sans sucre (mais sans que ce soit forcément limité à l’écriture). Et Mio, de son côté, ne fait qu’à moitié partie de la secte puisque, elle, son secret, c’est l’ice tea citron & citron vert : « C'est pas bien fameux mais ça me fait carburer à fond, je sais pas pourquoi. Du coup j'en bois des litres pour essayer d'écrire. Et c'est toujours pas très bon. »

Comme quoi, le goût n’est pas vraiment une composante essentielle pour inspirer.

 

L. Williams, elle, est moins regardante sur ce qu’elle boit : « thé, café, soupe minute ou boissons fraîches selon la température. » La soupe marche aussi pour Matt’, le soir en écrivant ; mais, elle, c’est plus pour l’optimisation du temps en période de NaNo. C’est un peu aussi la technique de Anda, qui mange devant son ordinateur et en profite pour écrire.

Concernant la bière, Kallisto témoigne : elle l’a déjà fait, mais ça ne l’inspire pas tant que ça. Merci d’avoir essayé, en tout cas ! Pour la science.

 

Donc soyez rassurés : pas besoin de thé pour être un auteur inspiré, mais ça aide bien apparemment. Lobby Lipton ? Effet stimulant de la théine ? Goût de l’auteur particulièrement réceptif à cette boisson ? Cette étude ne permet pas de parvenir à des résultats aussi poussés.

Que mangent-ils ?

 

Le thé ne faisant néanmoins pas tout (à part inspirer certains et donner envie d’aller aux toilettes à tout le monde), intéressons-nous maintenant à la question de la nourriture solide : qu’est-ce qui marche ?

Là-dedans, la réponse se divise en trois catégories : ceux qui ont besoin de manger, ceux qui se contentent de grignoter par habitude ou par ennui, et ceux qui sont incapables de manger en écrivant.

 

Pour Yet, par exemple, c’est un besoin. « J'ai ADHD et ça fait partie de ces choses qui m'aident à me concentrer. Vu que je ne peux pas rester plus de quinze minutes à faire la même chose, je laisse de la bouffe à trois mètres de moi, comme ça je me lève pour aller la chercher et ça me permet de calmer l'hyperactivité et de revenir à l'écriture », dit-elle. Elle consomme surtout du sucré, qu’il s’agisse de bonbons ou de jus de fruit.

Pour Jin d’Arrabor, même si ce n’est pas un rituel, elle explique que « s’il y a un truc sucré à avaler à proximité, il y a de fortes chances que je pioche dedans. Ne serait-ce parce que c'est plus simple pour moi de me concentrer en faisant deux choses à la fois (mâchouiller et écrire, écouter et dessiner,...) ». C’est un peu la même chose pour Anda, qui aime bien grignoter car « ça occupe les mains pendant que je cherche l'inspiration. » Le sucre, stimulateur de muse ?

En résumé, les auteurs mangent quand ils écrivent, beaucoup, et essentiellement du thé et des sucreries. Mais est-ce que ça les aide vraiment ? Pour les boissons, apparemment, oui, mais pour le grignotage… ce serait plus un palliatif au manque d’inspiration et un besoin de s’occuper les mains qu’un véritable stimulateur en soi.

 

Alors : manger, ne pas manger ? Et vous, où vous situez-vous : parmi les grignoteurs compulsifs ou les buveurs de thé invétérés ?

En-dehors du fait qu’ils sont des êtres humains normaux qui ont besoin de se nourrir pour ne pas dépérir (incroyable), il arrive aussi parfois aux auteurs de solliciter une aide culinaire pour stimuler leur créativité et leur rythme. Partons donc en immersion dans le quotidien des auteurs, ce qu’ils mangent, quand, pourquoi, ce qui marche et ce qui ne marche pas. Venez découvrir la recette de l’écriture réussie !

(Malgré l’authenticité des témoignages, cet article est à prendre à un degré différent de celui de vos brûlures en cuisine (je l’espère du moins) : le second.)

Pour la majorité, grignoter est plus une habitude qu’un rituel spécifique à l’écriture, comme pour R.E.D. qui a une certaine passion pour les smarties, ou L. Williams qui, moins sectaire, est prête à manger « tout ce qui peut se grignoter et qui se cache encore dans [ses] placards ». Matt’, elle, est plus raisonnable, car elle grignote « très rarement quelques bonbons ou du chocolat » (mais ça, c’est elle qui le dit).

Néanmoins, pour la plupart des auteurs, ce grignotage a une connotation négative. En effet, R.E.D. parle d’une mauvaise habitude dont il faudrait qu’elle se débarrasse, et Kallisto, en parlant des m&m’s, dit qu’ils sont ses « am... ennemis pour ça. Ils passent crème et font grossir. » Elodye H. Fredwell, elle, parle d’un temps lointain où elle accompagnait son thé « d'un ou deux carrés de chocolat (ou plutôt, la tablette), mais [elle a] arrêté pour des raisons évidentes... ». Depuis, plus équilibrée, elle est passée aux noix, noisettes ou amandes.

Mio, qui grignote elle aussi (et du chocolat, s’il vous plaît), explique que c’est mauvais signe car quand elle le fait, c’est quand « 1) [elle s]'ennuie 2) [elle a] besoin de [se] récompenser de faire un truc qui [l]'emmerde. » Elle conclut donc que « le succès d'une session d'écriture se mesure à ce qui reste de la pile de chocolat que j'avais entreposée avant de commencer ».

Grignoter serait-il donc la preuve que la concentration est absente ?

C’est ce qu’admet carrément Luxellia, qui dit « Je ne mange pas car ça me déconcentre ! ». Mio, elle, ajoute que, quand elle est absorbée par une scène, elle ne pense pas à grignoter, et il en va de même pour Yet.

Nameless, lui, ne grignote pas car « ça en met partout sur le clavier » mais, par contre, s’il a vraiment faim, il n’hésite pas à dévaliser la cuisine de tout ce qui lui passe sous la main. La séparation des tâches, serait-ce la solution ?

 

Et y a-t-il des aliments qui, vraiment, coupent toute créativité ? Pour Yet, que l’odeur du miel rend malade, impossible d’écrire si elle en sent.

 

En conclusion, avoir de la nourriture pour s’occuper les mains afin de stimuler l’esprit, oui, mais le grignotage pour tromper l’ennui et le manque d’inspiration, non !

Que manger, et quand ?

Et enfin, une dernière question posée pour la science : est-ce que certaines nourritures conviennent mieux à certaines scènes ?

Pour la plupart, comme Matt’, non, et pour d’autres, comme Tiphs ou Elodye, le thé va avec tout ! Néanmoins, Elodye émet une nuance : « Je sais que moi, quand je vais écrire une scène assez triste, je me réfugie dans des infusions ou des thés plutôt sucrés, comme fruits rouges ou vanille pour me réconforter. Et des scènes de bataille ou plus "simples", je suis plutôt avec thé vert ou un thé moins sucré car je n'ai pas ce besoin d'être réconfortée. » De manière générale, elle trouve que le sucre aide à apporter un réconfort et à faire passer la peine lors de scènes tristes. La nourriture pour guérir les blessures de l’écriture, ça marcherait donc ?

En partant de là, une autre question, plus spécifique, se pose : et les scènes de nourriture, alors, on les écrit l’estomac vide ou plein ?

Pour R.E.D., ce serait se faire du mal que de les écrire quand on a faim et, à l’inverse, elle préfère se lancer là-dedans quand elle est « au bord de l'explosion ». Yet, elle, dit carrément qu’elle « trouve ça clinique d'écrire sur la bouffe ; c'est comme le sexe, quand [elle] le lit ça donne envie, et quand [elle] l'écrit ça coupe l'appétit. »

Anda est dans l’équipe adverse : comme ses écrits suivent son propre état d’esprit, si elle a envie de sucré, « [ses] personnages vont avoir tendance à être en train de manger du sucré dans la scène [qu’elle] écrit ([lui] donnant encore plus faim et ainsi de suite) ». Attention, ça peut devenir un cercle vicieux ! C’est pareil pour L. Williams, qui met « des moments bouffes inutiles [qu’elle] coupe ensuite précisément quand [elle a] faim dans la vraie vie », et où les personnages mangent ce qu’elle a envie de manger à ce moment-là. C’est un peu aussi le cas d’Elodye, qui se donne faim lorsqu’elle écrit une scène de nourriture, et c’est d’ailleurs pour ça qu’elle boit du thé !

Groskrox a une approche plus distanciée car, dit-il, « J'aurais tendance à penser que la faim résonnerait plus en dehors du récit que pendant l'écriture. » En effet, pour lui, une fois qu’on a pris du recul sur une scène, aucun « événement extérieur ne [peut] parasiter la cohérence même du récit ». Cela rejoint un peu L. Williams, qui supprime ses scènes de nourriture à la relecture car elles étaient finalement plus utiles à elle qu’à l’histoire.

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par LorianO  

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