Matt
 
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L'enquêteur : un profil type ?

 

Dans de nombreux récits policiers, l'enquêteur est souvent un homme. C'est lié à une vision très patriarcale de la société ainsi qu'à des idées préconçues et une réalité : les femmes sont sous-représentées dans de nombreux domaines encore aujourd'hui, en raison du sexisme, et le roman policier ne fait donc pas figure d'exception. Le milieu criminel est en outre perçu par beaucoup comme un univers majoritairement masculin, ce qui est reproduit dans les romans. Tout cela explique peut-être que l'enquêteur soit souvent un homme. On peut ainsi penser à des enquêteurs emblématiques comme Hercule Poirot, Sherlock Holmes, mais aussi, dans des romans plus récents, comme Harry Bosch dans les Michael Connelly, par exemple. Heureusement, il existe aussi de nombreux contre-exemples au cliché, comme Miss Marple.

 

Par ailleurs, il semblerait que l'enquêteur principal ait souvent des problèmes de couple, soit divorcé, ou ait connu un chagrin d'amour. Outre Hercule Poirot qui semble ne pas s'intéresser à la question des relations amoureuses en ce qui le concerne, on peut citer de nombreux enquêteurs qui ont des problèmes affectifs. C'est par exemple le cas d'Harry Bosch (marié, divorcé, ayant eu une fille sans le savoir dans un premier temps...). Le commissaire Adamsberg, sous la plume de Fred Vargas, connaît lui aussi une relation de couple houleuse et rencontre un jour un homme qui dit être son fils (encore).

L'enquêteur semble également souvent confronté à l'alcoolisme et au tabagisme. On peut citer Canardo dans la bande-dessinée du même nom, qui ne cesse de boire et de fumer et ce, dans chaque enquête qu'il résout. Harry Bosch est décrit comme un gros fumeur, le commissaire Maigret ne peut se passer de sa pipe, de même que Sherlock Holmes. Ces récurrences chez les enquêteurs peuvent peut-être s'expliquer par le fait qu'ayant à vivre des moments difficiles, ils ont besoin d'évacuer en buvant ou fumant.

 

Tous les enquêteurs cités permettent d'ailleurs de dresser un autre constat : leur moyenne d'âge se situe aux alentours de la quarantaine. Hercule Poirot n'est certainement pas dans la vingtaine, le commissaire Maigret est souvent présenté comme un homme d'une quarantaine d'années et Miss Marple et ses cheveux blancs ou encore Sherlock Holmes ne sont pas non plus tous jeunes.

D'autre part, certains enquêteurs sont accompagnés d'un acolyte dont ils semblent inséparables. Tel est le cas de Sherlock Holmes et de son cher docteur Watson, devenu indispensable au détective privé. Si ce n'est pas toujours le cas, il y a en tout cas des personnages qui viennent aider l'enquêteur d'une manière ou d'une autre. L'inspecteur Garenni dans Canardo n'apparaît pas à chaque épisode mais il n'en demeure pas moins un personnage récurrent de la série. De nombreux romans policiers mettent donc en scène des duos de flics ou de détectives, tel le couple de détectives Tommy et Tuppence Beresford créé par Agatha Christie ou encore Patrick Kenzie et Angie Gennaro dans Gone Baby Gone de Dennis Lehane.

 

De nombreux enquêteurs ont aussi une implication personnelle dans l'enquête, ce qui va rendre l'intérêt du lecteur d'autant plus grand. Le flic sera également beaucoup plus investi dans l'enquête en y mettant de sa personne, ce qui va rendre le roman plus intense et créer de la tension. Je pense à Terry MacCaleb dans Créance de sang. Lorsque la sœur de la victime, Graciella Rivers, vient lui demander son aide, il est à la retraite, et pour cause : il a subi une greffe de cœur deux ans auparavant. Or, Graciella Rivers vient justement le trouver car sa sœur, assassinée, avait décidé de donner son cœur à sa mort. Terry MacCaleb se sent donc dès lors largement concerné par l'affaire et décide d'enquêter sur le meurtrier de la donneuse.

 

Enfin, on retrouve différents types d'enquêteurs. Premièrement, on peut citer le flic, ou policier officiel, qui travaille au sein d'une équipe de police (inspecteur de police ou pas), comme Harry Bosch, par exemple. Ensuite, il y a le célèbre détective privé, dont les gentlemen excentriques (Hercule Poirot, Sherlock Holmes) ou les détectives plus « classiques » mais qui sortent des sentiers légaux. On peut aussi citer le consultant, mais qui n'endosse bien souvent pas le rôle principal. Il peut s'agir d'un médecin légiste, d'un avocat ou encore d'un psychologue, qui apporte un point de vue différent et inédit sur l'affaire et permet à l'enquêteur d'avancer. Doc Fatty, médecin légiste dans Canardo, est de ce type-là. Enfin, il y a les enquêteurs qui n'ont aucune qualification professionnelle mais qui se retrouvent embarqués dans une affaire pour diverses raisons. Ce peut être un journaliste (Jack McEvoy dans Le Poète de Michael Connelly) ou un citoyen ordinaire (Jamal dans N'oublier jamais de Michel Bussi). Cet enquêteur est bien souvent opposé à la police puisqu'il est vu comme un élément gênant dans l'enquête par cette dernière, il doit donc composer contre la police et contre le meurtrier à la fois.

Dans les sagas ou séries américaines, on retrouve souvent une haine au sein des équipes de flics. Cela peut être entre des polices de différentes villes qui refusent ainsi de travailler ensemble à une enquête, chacun voulant que la résolution de l'affaire lui revienne. Mais c'est parfois au sein même d'une équipe que l'on retrouve des rivalités. Ainsi, l'enquêteur principal se retrouve parfois bloqué à cause du manque de coopération de l'un de ses collègues, qui refuse de lui transmettre l'information dont il a besoin. Cela entraîne des complications pour l'enquêteur et ralentit l'enquête.

 

Ce qui m'entraîne à un deuxième point : le bon flic et le mauvais flic. Dans de nombreuses séries, l'un des flics est en fait un traître, soit parce qu'il connaît le meurtrier, soit parce qu'il est lui-même le meurtrier, ou pour des tas d'autres raisons personnelles. Ce flic n'est pas nécessairement l'enquêteur principal mais plutôt un de ses collègues, voire son supérieur ou celui avec lequel il travaille dans chaque affaire.

 

 

Un tour chez les victimes
 

Bien souvent, la personne qui va trouver un policier pour l'avertir d'un meurtre est un proche de la victime et une femme. Ce n'est bien sûr pas systématique (là encore, c'est le principe du cliché). Mais c'est relativement courant, comme c'est par exemple le cas dans Créance de sang : Graciella Rivers, la sœur de la victime, vient trouver Terry MacCaleb chez lui, alors qu'il est à la retraite, pour lui demander d'enquêter sur le meurtre de sa sœur.

 

La victime, quant à elle, est souvent une femme. Cela permet notamment d'accrocher le lecteur en suscitant sa pitié (une femme jeune, jolie...) et en soulevant davantage sa colère contre le meurtrier. Ainsi, dans Créance de sang, la victime, Gloria Rivers, est une jeune femme mère d'un petit garçon qui se retrouve donc orphelin à sa mort. Elle est donc la parfaite victime, qui a tout pour émouvoir le lecteur et le flic.

J'espère avoir fait le tour des principaux clichés que l'on retrouve dans les romans policiers. Évidemment, c'est plus un article subjectif et incomplet, mais qui pourra vous rappeler certaines de vos lectures. J'ai pour ma part tenté de rassembler ceux que je connaissais avec mes propres lectures, d'où sans doute le manque de références ou d'autres clichés existant. Si vous souhaitez vous lancer dans l'écriture d'un roman policier, vous pouvez vous en inspirer pour vous en éloigner ou au contraire, pour induire le lecteur en erreur.

 

Je tiens par ailleurs à remercier les membres du forum Génération Écriture pour m'avoir soufflé quelques idées.

On ne va pas se mentir, comme partout ailleurs, le genre policier compte quelques clichés à son actif. Outre l'intrigue bien souvent similaire (un crime, un ou plusieurs coupables, un enquêteur), j'ai tenté d'en dresser l'inventaire dans cet article, même s'il sera évidemment incomplet. Je tiens aussi à préciser que ce ne sont que des clichés mais qu'ils n'ont rien de systématique. De nombreux auteurs jouent bien évidemment avec ces clichés et tous les romans policiers sont loin de rassembler tous les clichés que je vais citer.

L'intrigue : des ficelles récurrentes ?

 

Le roman policier se construit bien souvent de la même manière et certains événements sont indissociables du genre. Ainsi, on retrouve un crime ou un délit, un mobile, un coupable, une victime, un mode opératoire et une enquête. L'attention est ainsi centrée sur une intrigue (le crime ou le délit) et la manière dont il a été commis ainsi que le coupable, à partir d'une recherche faite de preuves, le plus souvent par une enquête policière ou un détective privé. Néanmoins, on retrouve tout de même des poncifs du genre.

            Sources :

        

les CLICHÉS du POLICIER

par Matt

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