Table ronde virtuelle du 8.10.11

Réussir à terminer son roman

 

Arrivée 16h en direct de la salle de chat, c'est souris en main que les cyber-auteurs ont répondu à l'appel depuis leur magique clavier. 16h30 et quelques petites galères plus tard, on commence, enfin me direz-vous... Accrochez-vous cher lecteur, le contre-rendu commence.

 

Avez-vous déjà fini votre fiction ?

Oui. Non. Autant dire que l'on avait un peu de tout parmi nous. Les premiers, forts de conseils, sont venus en aide aux seconds, alors même que l'on constatait amèrement, que la lenteur d'écriture faisait que bien souvent on ne parvenait à finir, en raison d'un début trop gamin ou d'une plume trop immature. Réflexe général face à ce témoignage : la réécriture est indispensable !

Quelques débats plus tard, viens le temps de partager son expérience.

 

Il est rapidement apparu que, bien souvent, les auteurs trouvaient la fin ou les scènes importantes dès le début, avec parfois un imposant trou noir au milieu. Ce qui, avouons-le, n'est pas des plus faciles, lorsqu'il s'agit d'écrire. Heureusement le plan est là, diront celles qui ne jurent que par cela. C'est donc les poches pleines de bons conseils que le débat débuta. Autant vous le dire tout de suite, les plus avancés vous l'avoueront humblement : le plan est bien utile pour finir son histoire et particulièrement important pour certains genres, tels que le policier par exemple. Si la plupart des auteurs ont généralement tout en tête, il n'est cependant pas rare de finir par oublier un détail qui se révélera finalement capital pour l'histoire. Le mieux est donc de réaliser un plan général, puis par chapitre, afin d'y retranscrire les indices indispensables à la continuité du récit. Après moults bras de fer et tentatives de meurtres, nous sommes finalement parvenus à nous mettre à peu près d'accord sur le plan qui, selon nous, semblait le plus efficace.

 

Nous l'intitulerons méthode du Zoom Divin (l'auteur étant le dieu incontesté de son univers).Prenez une simple phrase, capable de résumer le contenu entier de ce chapitre, avant de réaliser un « zoom » sur votre propre histoire afin de détailler, autant que besoin, le contenu de votre scène. Vous obtiendrez ainsi quelque chose comme ça (merci à Tiphs d'avoir accepté de nous prêter cet extrait de ces brouillons en guise d'exemple) :

 

Résumé : « Luka seule, rencontre plein d'ennuis, finit dans un bordel et se fait sauver in extremis par Axel bourré » Extrait du plan détaillé : « (...) Et là, tadada, Axel arrive, il fait son bourré, le pirate veut lui casser la gueule mais il continue à faire le bourré, et hop. Il chope Luka en larmes et ils s'en vont en courant, et courent se planquer. Luka tremble et pleure, Axel essaie de la rassurer (vomit entre temps ?) lui dit qu'elle est bête, que de toute façon voilà elle avait qu'à pas, avant de lui faire un câlinou, et puis ils volent une chaloupe pour retourner sur l'endeavour, ou Luka essaie de dormir mais n'y arrive pas. »

 

Vous l'aurez compris, inutile de partir dans de grandes envolées lyriques, bien au contraire, n'hésitez pas à placer un peu d'humour, contentez-vous de mots-clefs, bref de quoi faire un plan assez complet et qui vous ressemble. Sachez également que, loin d'être quelque chose de figé, il sera appelé à évoluer. C'est ainsi que l'on peut constater bien souvent d'importantes différences entre ce qui était prévu à la base et ce qui finalement fut écrit. Toutefois ne paniquez pas, bien que le plan soit d'une aide précieuse pour boucler son histoire, certains n'en font pourtant pas. Donc s'il y a bien quelque chose à retenir : surtout faites comme vous le sentez !

 

Autre sujet, autre débat : les lecteurs.

Vous savez ? Cette espèce en voie de disparition que les auteurs friands de critiques tentent d’appâter avec espoir. Espèce pourtant très importante, puisque bien souvent le nombre de lecteurs, autant que la qualité de leur messages, font que l'on termine finalement son histoire. Mais gare aux alchimistes en herbe, il faut savoir bien doser : trop de lecteurs et c'est le stress assuré, pas de lecteurs et c'est la déprime qui s'invite. Malheureusement, si certains se révèlent de véritables perles, bien souvent nombre d'entre eux se contentent de vagues messages aux accents de flatteries, plus que de véritables critiques. Ce sont pourtant les « véritables messages » qui bien souvent motivent les auteurs, particulièrement lorsque le lecteur voit un personnage d'une manière différente de la sienne par exemple. C'est aussi ça qui aide à avancer et à trouver de nouvelles idées. Arrive alors une sorte de pression qui doucement se met en place et vous souffle la crainte de voir votre histoire s'essouffler, ou vos chapitres se dégrader.

Toutefois si les messages de soutien peuvent certes faire augmenter le stress de l'auteur, ce sont aussi eux qui les boostent. Nulle crainte donc, la critique et le soutien ne sont pas encore les prédateurs de la cyber-fiction.

 

Puisqu'un débat en amène forcément un autre, nouvelle question : est-ce que les lecteurs ont une influence sur la fin d'une histoire ? Comme nous avons pu le constater au cours de cette table ronde virtuelle, le mythe d'Harry Potter n'est plus à faire (à savoir que selon certaines sources, le héros n'aurait été sauvé que grâce aux cris hystériques des fans en détresse, face au destin tragique de ce magicien des temps modernes), mais qu'en est-il vraiment par chez nous ? Les lecteurs ont bien souvent peu d'influence sur la fin, car celle-ci se voit définie dès le départ dans la plupart des cas. De plus, on ne le répétera sans doute jamais assez, mais c'est d'abord pour soi qu'il faut écrire et non pour les autres, donc bien que prenant compte de chacune de vos remarques, celles-ci n'auront que peu d'influence sur le contenu de l'histoire, si l'on excepte quelques cas particuliers. Ainsi pour des personnages trop plats, par exemple, l'auteur cherchera à améliorer ces passages, mais l'on ne constatera de véritable influence sur la fin que sous l'effet d'un cumul de commentaires au fond identique. (dans le cas par exemple d'un trop grande ressemblance avec un livre déjà écrit).

 

Mais question importante, que ressent-on à la fin de l'histoire ?

Un sentiment de bonheur tout d'abord, car c'est la fin de quelque chose, on quitte ses personnages, son univers bien que l'on puisse y replonger par la suite au travers de nos textes. Mais apposer le mot fin peut aussi pousser à écrire une suite ou bien plus souvent une série de textes bonus. 

Car il faut bien un jour ou l'autre s'en détacher.

Et pour conclure ce petit contre-rendu, parlons maintenant de ce petit phénomène qui consiste à écrire plusieurs fictions en même temps. Écrire ainsi deux histoires peut se révéler une bonne chose dans certains cas, toutefois cela ne marche pas toujours et surtout ne se révèle pas sans risque. Faire ainsi une pause peut certes permettre de mieux avancer sur le reste, mais c'est aussi le risque de s'éparpiller pour finir par délaisser l'une d'entre elle au profit de l'autre. Cela dépend donc véritablement du moment où l'on se lance, de la personne et de l'histoire.

 

 

Eanswide Eistele

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