2ème place - Nouveau Départ

Et si c'était vrai ?

par Marie Wioland

Cela faisait longtemps qu’elle n’était pas allée à Paris. Malgré ou à cause de la journée morne et pluvieuse elle s’était décidée. Et puis passer son temps à faire la chasse à ses enfants qui ne faisaient que se chamailler n’avait rien de très attrayant.

Elle les rassembla donc tous deux cet après-midi là. Ils commencèrent par des visites. Il y avait de quoi faire sur Paris ! Après avoir vadrouillé un bon moment elle était tombée sur un terrain à vendre. Pas très grand, en friche, mais avec un « je ne sais quoi » qui l’avait mise en émoi. « Rue Paradis », elle portait bien son nom. Que devait-elle faire ? Cela faisait un moment qu’elle cherchait à acquérir un bien. Elle se renseigna sur le prix. C’était un peu cher mais malgré tout dans son budget. Elle hésitait. Aurait-elle assez pour y faire construire une maison ?

— Qu’est-ce que tu attends maman ? demanda le plus jeune de ses garçons. On peut continuer ?

— Je crois que je vais acheter ce terrain, répondit-elle de manière absente.

Et pour couronner le tout, la gare de Lyon se trouvait juste à côté. Idéal pour les déplacements. Elle craqua finalement. Et son esprit s’emballa, elle la voyait sa petite maison. Un séjour spacieux, une cuisine, les chambres à l’étage, avec une grande salle de bains. Peut-être même pourrait-elle espérer un petit bureau pour travailler loin du chahut de ses enfants. Et le jardin, où le chien pourrait courir en toute liberté et son mari jardiner. Elle soupira.

— Maman on peut manger un truc ? J’ai faim, l’interrompit à nouveau son fils.

Après la pause goûter, l’après-midi suivit son cours. Elle se rendit à la gare. Celle-ci était horriblement bondée de monde. Les gens se marchaient les uns sur les autres. Et les prix des billets… il valait mieux ne pas en parler. Elle se rendit aussi gare du Nord.

— Tu devrais prendre un abonnement, se moqua le plus grand.

Elle ne releva pas la pique, elle sentait une sorte de lassitude l’envahir. Et soudainement elle voyait les dépenses et les factures s’accumuler sans qu’elle ne puisse rien y faire. Elle les imaginait tomber sur elle, tels des flocons de neige, jusqu’à la recouvrir entièrement.

— A quoi tu rêves ? l’interpella-t-on.

— Je pense à la maison que je ne pourrai certainement pas acheter.

— Mais si ! s’exclama le plus petit. Et pourquoi pas un hôtel ?

Elle eut un pâle sourire. Il était adorable mais n’avait aucune idée du coût réel de la vie. Et puis un hôtel quand même… quelle drôle d’idée !

Son attitude positive lui avait néanmoins offert un léger regain d’énergie.

En continuant ses vagabondages elle se retrouva devant la prison de la Santé.

— Maman, comment on fait pour sortir de prison ?

— Il faut payer une caution ou purger ta peine.

— C’est quoi une caution ?

— Euh… c’est une très grosse somme d’argent !

— Heureusement que tu ne fais que passer alors !

L’argent, toujours l’argent, à croire qu’il n’y avait que ça qui comptait… Et elle n’en avait plus beaucoup. Etrangement elle se mit à penser à la banqueroute. Et si finalement ce n’était pas une si mauvaise chose. Elle pourrait passer à autre chose. Elle se sentit soudain sereine.

— Oh la chance, tu tombes pile sur la case départ, tu touches quarante mille francs !

Un sourire illumina son visage. Les dés avaient tourné, la partie pouvait continuer !

 

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